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Comment le football en est arrivé là?

La question mériterait d’être posée. Pourquoi des êtres humains qui excellent par leur condition physique mais aussi dans le rôle auquel ils sont placés valent le montant d’un avion. Or le football n’a plus aucune limite financière, à la sortie de ce mercato d’été où la valeur argent à été mise a rude épreuve. Cependant, une question se pose : comment le football en est il arrivé là?

Attention cependant aux préjugés et faux semblants qui peuvent régner autour du football, ce n’est pas forcément le sport où circule le plus d’argent. Certes la FIFA est la fédération sportive la plus riche au monde avec un revenu financier qui a atteint près de 2 milliards d’euros en 2014. Cependant, l’un des sports où circule le plus d’argent hors foot est le monde du basket américian. En effet, en NBA, il n’est pas surprenant de voir des contrats se compter en centaines de millions de dollars juste pour un joueur. Ainsi en ce début juin, LeBron James basketteur américain a négocié un contrat sur trois ans de 100 millions de dollars. De même les golfeurs gagnent d’importantes sommes d’argent dans les tournois majeurs. Pourtant, le football a connu une croissance économique exponentielle plaçant même deux footballeurs en tête du classement des sportifs les mieux payés en 2016 selon Forbes.

Il est bon de remettre en lumière plusieurs éléments qui ont conduit à cette explosion de la valeur argent dans un tel sport. Tout d’abord, il y a la professionnalisation du football, certes cet élément peut paraître banal mais il ne l’est pas. Parce qu’à partir du moment où une personne est payée pour jouer au football, il faut savoir où placer le curseur d’un salaire. Comme un salaire minimum qui existe dans un état développé. De plus, la « libre circulation » des joueurs en fonction des pays avec en point d’orgue « l’arrêt Bosman » a accéléré l’inflation des sommes engagées pour un transfert. Pourtant, encore récemment le mercato était fait de façon raisonnable par rapport aux sommes engagées. Pendant longtemps, la valeur étalon des transferts était celui de Zinédine Zidane passé de la Juventus Turin au Real de Madrid pour 74 millions d’euros à l’époque. Cette transaction a longtemps été considérée comme le Graal dans le marché jusqu’à ce qu’en 2008, ce même Real Madrid par l’intermédiaire de son président Florentino Perez décide de faire exploser la bulle spéculative via un nouveau transfert record : le Portugais Cristiano Ronaldo part de Manchester United pour 94 millions d’euros. A partir de ce moment la surenchère a été de mise, puisque Ricardo Kaka le brésilien Ballon d’or 2007 part lui aussi au Real pour 63 millions.

Le changement principal engendré par ces transactions viendra des Pays du Golfe. Tout d’abord, en 2008 un fonds venus des Emirats Arabes Unis deviennent propriétaires du club de Manchester City et investissent 105 millions d’euros de transferts au cours du mercato 2010. S’ensuit ensuite les fameux investisseurs qataris qui viennent financer le Paris Saint Germain en 2012. Ces investissments ont engendré deux types de situations différentes. Tout d’abord, en France, où le fossé s’est creusé entre le Paris Saint Germain et les autres équipes de Ligue 1. L’AS Monaco a riposté de son côté avec des investisseurs russes avant que ceux ci changent de modèle économique. L’Olympique Lyonnais a lui conservé son modèle économique en formant des jeunes du centre de formation pour les revendre ensuite, cependant récemment des hommes d’affaires chinois ont investi 100 millions d’euros dans le club.

Du côté des clubs anglais, l’économie est faite de façon différente. Certes les investisseurs sont présents dans quasiments tous les clubs mais ce n’est pas le seul apport financier. Il suffit de voir le montant des sommes repartis en terme de droits télévisés. Ainsi le club d’Arsenal a touché pour la saison 2015-2016 135 millions d’euros tandis qu’Aston Villa dernier du championnat à perçu 87 millions d’euros. Soit deux fois plus de droits TV que le PSG en France! Ce qui crée d’ores et déjà un déséquilibre majeur entre les deux championnats. De ce fait, l’arrivée de ces nouveaux riches du football a eu pour conséquence de créer une inflation des prix des joueurs et de leur salaires. Voyez plutôt la réponse de Zlatan Ibrahimovic a la question « Qu’est ce qui vous manque le plus de Paris? » Réponse : »Mon dernier salaire ». Cela traduit une manière de fonctionner du PSG qui paye plus ses joueurs et qui gonfle les salaires pour pouvoir s’aligner avec des clubs plus prestigieux.

Ces fameux clubs prestigieux que sont par exemple : le Bayern Munich, le Fc Barcelone ou la Juventus Turin, sont de réelles machines de guerre économiques. Certains clubs sont même côtés en bourse et génèrent des millions d’euros en terme de chiffres d’affaires. Cependant ces derniers ne sont plus réellement les acteurs majeurs dans les mercato. Jorge Mendes et Mino Raiola, voilà deux noms qui ne vous disent sans doute rien si vous n’êtes pas famillier avec la planète footballistique et pour cause, il s’agit d’agents de joueurs. Ils gèrent les intérêts de leur protégés tout en touchant une bonne part dans les transferts qu’ils réalisent. Par exemple, lors du transfert record de Paul Pogba vers Manchester United de 110 millions d’euros, l’italien a touché une commission de 20 millions d’euros. Ainsi, en un mercato estival, Mino Raiola à touché plus que le salaire annuel de Cristiano Ronaldo (21 millions). Les agents les plus influents possèdent une quasi entreprise où des centaines de joueurs sont affiliés et auquels ils sont dépendants. En bref, les agents sont devenus de réels acteurs économiques au sein des différents mercatos à tel point que les clubs et les joueurs sont parfois devenus dépendants de la décision de leur agent. Cette tendance montre qu’au sein d’un transfert de plus en plus de personne touchent de l’argent et ont donc tendance à faire gonfler la facture.

L’exemple du transfert d’Anthony Martial reste dans tous les esprits. Pour rappel en fin d’été 2015, le jeune monégasque de 19 ans s’engage avec Manchester United pour un montant annoncé de 80 millions d’euros! Seulement le site Football Leaks à dévoilé le détail du transfert qui est en réalité de 50 millions d’euros net auxquels s’ajoutent 30 millions de bonus si le joueur rempli certains objectifs : par exemple que le joueur marque 25 buts sur la durée de son contrat. Ce transfert illustre une nouvelle tendances chez les recruteurs et les clubs. « Pour continuer leur modèle économique qui marche fort, les grands clubs se doivent d’avoir de très grands joueurs ou des joueurs en devenir. C’est un cercle vertueux. Il y a aussi une hausse des prix des jeunes car il y a une volonté de faire des affaires à la revente. Aujourd’hui, il y a une bulle spéculative où on présuppose la valeur future de ces joueurs en devenir », explique Loïc Ravenel, collaborateur scientifique au Centre international d’étude du sport (CIES) de Neuchâtel.

Cependant, la question se pose sur l’avenir économique du football. En effet, chaque année les observateurs voient la bulle financière du football grandir encore et encore. Ainsi certaines voix s’inquiètent de l’éventuelle crise qui pourrait toucher le football ainsi que ses écarts. C’est le cas par exemple des clubs espagnols qui se mettent à recruter des mineurs où les trois plus gros clubs d’Espagne : Real Madrid, Athlético de Madrid et Fc Barcelone ont été condamnés a des interdictions de recrutements pour avoir engagé de jeunes personnes au sein de leur clubs afin d’essayer d’anticiper un éventuel gros transfert à l’avenir. Cette dérive fait partie des nombreux moyens détournés qu’utilisent les clubs pour éviter de payer d’énormes sommes pour un transfert. Cependant, il n’y a que peu de projections économiques dans l’avenir pour le football surtout que désormais, ce sont les chinois qui deviennent les nouveaux investisseurs en Europe ce qui aurait pour conséquence d’exporter encore un peu plus le football et donc avoir de nouvelles retombées économiques.

Sport

Signez en bas à droite

Depuis des décennies, les contrats de sportifs, en particulier ceux des footballeurs, nous rappellent à quel point le sport professionnel est un monde à part.

Place au CDI

Heinz Müller. Ce nom ne vous dit peut-être rien. Gardien de but à Mayence, il n’aura pas réussi à se faire un nom dans le football à l’instar de ses homonymes Gerd, Dieter ou Thomas. Pourtant l’allemand est en plein cœur d’une affaire qui pourrait bien changer la réglementation des contrats de joueurs à tout jamais. En 2009, Heinz quitte l’Angleterre et Barnsley pour signer à Mayence, fraîchement promu dans l’élite allemande. La ville est située à cinquante kilomètres de Francfort, lieu de naissance du footballeur. Un retour aux sources en somme qui va vite tourner au cauchemar. Après une première saison aboutie (trente matchs en tant que titulaire), les cinq années qui suivront s’avèreront plus délicates. En juin 2014, le club allemand décide de ne pas lui proposer de prolongation de contrat, ce dernier venant d’arriver à terme. Le portier alors âgé de trente-six ans ne l’entend pas de cette oreille et attaque son employeur devant le tribunal du travail allemand. En effet selon la législation, un employé peut demander la requalification de son contrat en CDI après avoir passé plus de deux ans dans la même entreprise. Résultat : le club et son président Harald Strutz sont condamnés à conserver Heinz Müller dans leur effectif. Mayence fait naturellement appel et en février dernier, la justice fait machine arrière et reconnaît la spécificité du contrat de travail du sportif. Le gardien allemand ne perd pas espoir et compte toujours faire valoir son droit de pouvoir disposer d’un contrat à durée déterminée. Au-delà de cette affaire qui paraît anecdotique à l’heure qu’il est, ce cas pourrait à terme faire jurisprudence au moins à l’échelle du sport allemand.

Un modèle financier à revoir ?

«Les sportifs doivent être considérés comme tous les autres travailleurs et ont donc droit, après deux années de travail, à un contrat à durée indéterminée», déclarait en première instance Ruth Lippa, le juge du travail. Une phrase anodine qui pose énormément de questions si la décision en appel tourne en la faveur du joueur. Le mercato devenant chaque année de plus en plus onéreux, les clubs aux budgets restreints ont besoin de liquidités. Si les joueurs dans le cas d’Heinz Müller peuvent jouir à l’avenir d’un CDI, ils deviendront automatiquement intransférables. Il faudrait alors que le départ soit acté dans un premier temps par le joueur lui-même avant que le club décide de fixer son prix de départ et de négocier avec d’autres équipes. Les rôles seraient donc inversés et les rentrées financières pour les clubs seraient encore plus difficiles à prévoir. Mais pas de panique selon Sylvain Kastendeuch, vice-président de l’UNFP, interrogé à l’époque par le magazine So Foot, et qui précise le caractère exceptionnel de l’affaire : « Il faudrait qu’un sportif saisisse les tribunaux ailleurs… De là à voir ça, il y a du chemin, mais il faut anticiper et puis essayer d’analyser tout ça et on va le faire. Je ne suis pas inquiet, mais il y a une petite brèche quelque part   ». Une brèche qui s’est déjà ouverte il y a deux ans, et que Mayence aimerait bien refermer au plus vite.

Les clauses, vraie foire aux caprices

Si le football mondial suivra à coup sûr le dénouement de cette affaire, ce n’est pas la première fois que le ballon rond fait parler de lui, ou plutôt de ses contrats. Il faut dire que les clubs redoublent d’effort pour convaincre un joueur de porter leur maillot, quitte à accepter tout,  et parfois n’importe quoi. Entre la clause « jet privé » de Samuel Eto’o lors de sa signature à l’Anzhi Makhatchkala, ou à l’inverse la clause « refus d’embarquer » de Denis Bergkamp, phobique de l’avion, les joueurs profitent de plus en plus de cette particularité contractuelle pour assouvir n’importe quel caprice. Pourtant, les clauses étaient à la base créées pour protéger les clubs, au point eux aussi de frôler le ridicule. Le club anglais de Sunderland, en 1999, avait notamment fait parler de lui pour une histoire de clause interdisant le milieu de terrain suédois Stefan Schwarz d’aller dans l’espace. En effet, le joueur alors âgé de 30 avait clamé son souhait d’aller tutoyer les étoiles un fois que les vols commerciaux seraient mis en place. Quoi qu’il en soit, pour ce qui est de « l’affaire Müller », une chose est sûre, à la fin ce sont encore les allemands qui gagneront.

Opinion, Politique, Sport

Euro : de qui se joue-t-on ?

Marseille, Nice, Lille… : les débordements des hooligans sont légion depuis le début de la compétition européenne de football.

Pendant que certains voient leurs libertés les plus fondamentalesi bafouées sous couvert de mesures de sûretéii, ou se voient traînés dans la boue médiatique pour le fait d’exercer leurs droits afin de tenter de les préserver, tout le monde trouve normal que l’Euro continue alors qu’il est source des dérives violentes qui mettent nos villes à sac depuis quelques jours.

En effet, l’état d’urgence est en place en France depuis le 14 novembre 2015 et a été depuis cette date prolongé à chaque échéance ; ne doit-on pas s’étonner alors que de tels événements puissent avoir lieu sur notre territoire ?

Etat d’urgence, manifestations et sécurité

Pour rappel, l’état d’urgence est un état d’exception qui donne pouvoir aux autorités administratives de prendre des mesures restreignant les libertés en lieu et place de l’ordre judiciaire.

Or, nombre de ces mesures ont été appliquées depuis novembre, visant en tout premier lieu les manifestations, considérées comme des « réunions de nature à provoquer ou à entretenir le désordre » (article 8 de la loi du 3 avril 1955 modifiée). Citons pour les plus marquantes l’interdiction de la Marche pour le Climat qui aurait dû avoir lieu le 29 novembre 2015, ou encore la répression du mouvement Nuit Debout en 2016. Manifestations se revendiquant d’une intention pacifiste.

Ce qui n’est pas le cas des ultras, qui bien au contraire clament leur goût pour les affrontements avec le camp adverse, préparent et annoncent souvent leur venue à l’avance dans le seul but de participer à ces combats, et même de les provoquer.

Ces gens se nourrissent de la violence, et en demandent toujours plus : « On est tous venus pour ça. Le jour du match, tous les Russes ont pris l’avion (pour la France), il y avait environ 150 gars, les plus costauds », raconte Vladimir sur le site francetvsport.fr, ajoutant plus loin que « Rien ne les arrêtera », ces supporters, ni les lois ni les avertissements de l’UEFA.

Alors, pourquoi un tel manque de réaction de la part de nos pouvoirs publics, quand tant de nos concitoyens ont fini avec des blessures infligées arbitrairement par les CRS lors des manifestations contre la loi El Khomri ?

Par ailleurs, rappelons également que la mise en place de l’état d’urgence a été décidée à la suite des attentats du 13 novembre, afin de renforcer la sécurité face à la menace terroriste, et en sus des autres dispositifs déjà actifs (plan Vigipirate et opération Sentinelle notamment).

L’état d’urgence est donc censé avoir pour objectif de protéger la population des dangers qui pèsent sur elle.

Comment ne pas se demander dans ce cas, alors que le spectre des attentats est plus présent que jamais, en quoi laisser s’agglutiner des gens dans des stades immenses ou des fanzones (celle de Paris a une capacité d’accueil de 92 000 personnes par exemple) est plus sûr que de laisser des citoyens défiler dans la rue pour une cause politique ou sociale ?

Comment croire que quelques fouilles de sacs et palpations à l’entrée de ces lieux de communion empêcheront n’importe quel candidat au martyr d’accomplir son dessein ?

Comment ne pas imaginer que l’agitation et la pagaille provoquées par les hooligans dans nos rues puissent être propices à l’action des terroristes ?

On ouvre grand nos frontières aux extrémistes du football qui sont fiers d’annoncer qu’ils ne viennent que pour troubler l’ordre public alors qu’on se méfie de chaque réfugié qui tente sa chance ailleurs que dans son pays en guerre.

On prohibe les réunions et manifestations des citoyens concernés et des militants qui ne font que faire entendre leurs voix divergentes de celles du système en place alors qu’on laisse des supporters surexcités et agressifs saccager l’espace public.

Mais les retombées économiques attendues de l’Euro sont exceptionnelles elles aussi…

« À croire que le Veau d’Or a une promo à l’échelle planétaire ».

i La liberté d’expression, la liberté de circulation et la liberté de réunion sont toutes garanties par la DDHC.

ii Voir notre article sur l’état d’urgence.

Sport

Jusqu’au dernier souffle

David Ginola a bien failli être le dernier en date sans l’intervention… de Matt Pokora. Ils sont environ 800 chaque année à perdre la vie en France, victimes de ce que l’on appelle la mort subite du sportif.

Marc-Vivien Foé, Antonio Puerta, Patrick Ekeng… Tous vivaient d’une passion, de l’amour d’un sport. C’est sur un terrain que le destin en a décidé autrement et a stoppé net leur carrière, souvent prometteuse. Décédés de ce que l’on nomme plus communément la mort subite du sportif, le phénomène continue à faire plancher des médecins de tous horizons, qui restent malheureusement impuissants. En France, le premier drame de ce type s’est produit en 1980, à Bordeaux. Il ne reste à l’époque plus que quelques semaines de championnat lorsque le jeune milieu de terrain Omar Sahnoun, 24 ans, décède d’un arrêt cardiaque, lors d’un entraînement avec son club. Plus récemment dans l’hexagone, la mort de Marc Vivien Foé, le portier camerounais, lors d’un match de la Coupe des Confédération jouée en 2003, a tiré la sonnette d’alarme. Alors qu’il joue avec sa nation la demi-finale de la compétition au Stade Gerland de Lyon, où il a joué en club durant 3 ans, il est lui aussi victime d’un problème cardiaque, et décèdera dans l’ambulance qui l’emmènera à l’hôpital. Tous ces joueurs ont en majorité succombé à une cardiomyopathie hypertrophique, qui se traduit par un épaississement des parois du cœur, provoquant un arrêt de ce dernier.

Vigilance et négligence

Mais que faire pour pouvoir prévenir et éviter au maximum que ce genre de drame ne se reproduise ? Si empêcher un problème cardiaque en amont reste difficile dans la pratique, il est néanmoins plus simple de pouvoir en détecter les signes avant-coureurs. Il sont au nombre de dix et présentés dans un guide pratique rédigé par le club des cardiologues du sport. Parmi eux, on retrouve une hydratation fréquente en forte chaleur, la consultation de son médecin en cas de malaise pendant ou après l’effort… Des réflexes banals qui peuvent sauver la vie d’une majorité de sportifs, sans oublier bien sûr la vigilance de leurs clubs. En effet, certains joueurs ont dû voir leur carrière arrêtée à la suite de transferts dans des clubs qui ont décelé, lors de la visite médicale traditionnelle, un souci de santé. C’est le cas notamment de Steve Savidan, attaquant international français, lors de son arrivée à Monaco en 2009 pour une anomalie cardiaque récemment apparue. D’autres ont eu beaucoup moins de chance, à l’image d’Antonio Puerta, joueur du FC Séville, décédé en août 2007 après s’être évanoui lors d’un match de championnat face à Getafe. Le latéral gauche de 22 ans avait déjà été victimes de plusieurs malaises auparavant, sans que son club ne fasse les examens nécessaires pour en comprendre les causes.

Le sport amateur, principal endeuillé

Si les décès dans le sport de haut niveau font les grandes lignes des journaux, ceux des sportifs du dimanche font hélas beaucoup moins l’actualité. Pourtant selon une récente

étude de Pierre Jouven, cardiologue et à l’origine du premier registre national sur la mort subite du sportif, on estime à 800 le nombre de sportifs qui meurent chaque année en France de cette pathologie. Les amateurs sont donc légion à périr sur les pelouses, les pistes d’athlétisme ou encore les routes de notre pays. Moins bien suivis que leurs homologues qui pratiquent des compétitions de haut niveau, ils ne bénéficient pas d’un examen cardiaque à leur arrivée dans un club. Plus problématique encore, comme le soulignait il y a quelques mois Monsieur Jouven dans les colonnes du Monde, le manque de matériel de réanimation dans les enceintes sportives. Le défibrillateur est un outil indispensable pour tenter de sauver la vie d’une personne victime d’un problème cardiaque, mais sa présence n’est toujours pas obligatoire dans les stades. La possibilité de faire pratiquer un électrocardiogramme à l’ensemble des sportifs amateurs est également discutée, pour tenter de réduire au maximum les risques, le risque même, celui de mourir d’une passion.

Sport

Stephen Curry, l’enfant du « small ball »

Le numéro 30 des Warriors s’impose comme l’un des meilleurs joueurs dans l’histoire de la NBA, grâce à ce style de jeu aussi impressionnant qu’exigeant.

Les plays-offs ont déjà commencé et les amateurs de basket se demandent où Golden State va bien pouvoir s’arrêter. Première certitude, la franchise de Philadelphie vient de boucler une saison régulière de tous les records, avec peut-être à la clé le titre de NBA – pour la deuxième année consécutive – mais aussi le trophée MVP pour Stephen Curry. Le meneur des Warriors est à l’image de son équipe cette année : stratosphérique. Au-delà d’un exercice 2015-2016 d’ores et déjà abouti, c’est avant tout la réussite d’un système de jeu, le small ball.

Small ball, big success

L’équipe entraînée par Steeve Kerr est pourtant loin d’en être le précurseur. Pour retrouver trace des premières équipes estampillées small ball, il faut remonter aux années 1990. À l’époque, la NCAA, antichambre de la NBA où s’affrontent les équipes universitaires, voit arriver ce style de jeu si particulier par l’intermédiaire du coach de la Clovis West High School, Vance Walberg. Le principe imposé par l’américain à l’équipe californienne est simple : des joueurs à la taille moins imposante mais dotés d’une plus grande mobilité, une présence rare dans la raquette ainsi que plus de shoots à 3 points. Introduit ensuite par Mike D’Antoni et les Suns de Phoenix en NBA lors de la saison 2003-2004, de nombreuses équipes s’en sont inspiré. Le Miami Heat de 2012-2013, la Dream Team américaine aux Jeux Olympiques de Londres, les exemples de triomphe sont légion.

Des grands touchés mais pas coulés

Néanmoins, si le small ball fait le bonheur des joueurs du même gabarit que Curry – bien loin de l’archétype des monstres physiques que connaît habituellement la NBA – de plus en plus de « grands » ont du mal à s’adapter à ce style de jeu. Serge Ibaka, l’ailier fort/pivot du Thunder d’Oklahoma, en est le premier témoin, en atteste son interview au journal américain The Oklahoman en février : « Il y a quatre ans j’étais dans la raquette la plupart du temps, et logiquement je faisais plus de contres et prenais plus de rebonds. Maintenant, vu la manière dont ils jouent, nous devons changer ». Si les difficultés de ces géants jettent des doutes sur leur avenir en NBA, il demeure très peu probable que le small ball devienne une référence. Très exigeant, trop même, seuls les 5 de départ les plus complets sont capables de mettre en pratique un tel système.

D’ailleurs, il ne fait pas bon vouloir imiter Golden State. L’équipe de Washington l’aura appris à ses dépens. La franchise entraînée par Randy Wittman a, en début de saison,

voulu calquer le style de jeu des champions en titre. Mais un effectif trop limité aura eu raison des espoirs de plays-offs des Wizards, finalement dixièmes de la conférence Est. Pour Arnaud Gelb, consultant basket pour le site BasketUSA, le small ball n’est pas obligatoirement un exemple à suivre pour toutes les équipes : « Attention à ne pas sacrifier son identité pour copier quelque chose qui pourrait ne pas fonctionner, il n’y a qu’un seul Curry et un seul Klay Thompson ».

Et Curry dans tout ça ?

En parlant de Curry, aurait-il le même rendement si le small ball n’avait pas eu la même importance dans le basket actuel ? D’une régularité affolante aux shoots à 3 points, meilleur marqueur (30,1 points de moyenne) ainsi que meilleur intercepteur (2,1 par match) de la ligue cette saison, l’américain n’en finit plus d’impressionner. Mais auprès de ses aînés, le meneur surnommé « Baby face » ne fait pas l’unanimité. Kareem Abdul-Jabbar, ancienne gloire des Lakers, fait partie des détracteurs du joueur des Warriors, reprochant le manque d’agressivité du basket moderne. « Les règles défensives plus dures sur le défenseur l’avantagent. Il aurait du mal avec un style plus agressif comme dans les années 1980 », concède également Arnaud Gelb, avant d’ajouter : « Après, un grand joueur reste un grand joueur, peu importe l’époque. ». Quoiqu’il en soit, que l’on aime ou que l’on n’aime pas, Curry est bel et bien en passe d’entrer dans la légende de la NBA.