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Pourquoi il faut s’opposer à de nouvelles frappes en Syrie

Les dernières frappes de l’armée américaine contre la base syrienne de Shayrat constituent une grave atteinte au droit international et au processus de paix dans le pays. De nouvelles attaques pourraient suivre par la coalition, il est urgent de s’y opposer. A moins de ne pas vouloir retenir les leçons du passé.

Les faits. Jeudi 6 avril, Donald Trump décide finalement de passer à l’attaque contre le régime syrien et lance 59 missiles sur la base de Shayrat, en réaction au raid aérien lancé sur Khan Cheikhoun deux jours plus tôt, que la Maison Blanche impute directement au pouvoir de Bachar al-Assad. Ce raid a fait 86 morts, au moins, dont 27 enfants et plus de 160 blessés dans cette petite ville de la province d’Idleb, contrôlée par les rebelles et jihadistes. Il est qualifié d’attaque chimique par deux sources uniquement, qui accusent également Damas d’être à l’origine de l’attaque : l’Observatoire Syrien des droits de l’Homme (OSDH), et l’organisation des Casques blancs. Deux sources peu fiables, à l’indépendance jugée douteuse à plusieurs reprises.

Article Le Figaro

L’OSDH, tenu par un opposant au régime, a été jugé en 2013 comme l’une des sources les moins partiales par l’Agence France-Presse. L’organisation des Casques blancs (financée à 23 millions de dollars par le gouvernement américain via USAID, 20 millions de livres de gouvernement britannique, et 4 millions d’euros par le gouvernement hollandais) est quant à elle suspectée de fabriquer de fausses images et vidéos pour mettre en scène leur action sur le terrain.

Article Huffington Post

Les questions. A la veille de nouvelles négociations de paix, après les derniers pourparlers de Genève en mars, et peu de temps après que la Maison Blanche déclare ne pas s’ingérer au conflit, pourquoi Bachar al-Assad lancerait-il soudain une attaque contre son peuple, qui plus est à l’aide de gaz chimique, suffisamment sanglante et spectaculaire pour se mettre à dos la quasi-totalité de la communauté internationale ?

Pourquoi cet empressement à intervenir militairement, avant même d’obtenir des preuves solides et fiables ? En 2013, après le massacre à l’arme chimique à Damas, provoquant 1845 morts et presque 10 000 blessés, les Nations Unies n’avaient pas réussi à prouver la responsabilité du régime. Une étude de la très reconnue Massachussetts Institue of Technology (MIT) concluait même que les frappes avaient été perpétrées depuis une zone rebelle.

Article Le Point

Pourquoi contourner le droit international et la constitution américaine ? Ce scénario nous rappelle les débuts de la seconde Guerre du Golfe, et les fausses allégations portées à l’encontre de Saddam Hussein, et sa supposée possession d’armes de destruction massive.

Le contexte. La Syrie est actuellement l’épicentre d’un possible basculement politique du Moyen-Orient. Le pays, gouverné par des Alaouites, branche du Chiisme, est en proie au retour des Sunnites. Un grand danger pour la Russie, soutien militaire au régime d’al-Assad, qui verrait se fermer la route allant du port de Tartous, au Nord, à Bagdad et Téhéran, jusqu’au Golfe Persique, et mettre directement à mal ses intérêts dans la région. En intégrant le conflit, la Russie saisit également l’occasion en or d’affaiblir les monarchies pétrolières du Moyen-Orient, notamment les Saoudiens, sunnites. Pour se faire, elle fait alliance avec les principaux pouvoirs chiites, à savoir l’Iran, le Hezbollah libanais et le nouveau gouvernement d’Irak. Avec cette alliance, le Kremlin et les régimes chiites peuvent mettre fin à la domination américaine au Moyen-Orient et faire tomber les monarchies sunnites en cas de victoire, permettant une hausse du prix du pétrole.

Un scénario impensable pour le camp de l’OTAN, qui a tout intérêt à ce que Bachar al-Assad quitte le pouvoir.

Ce qu’il risque de se passer. Le Sénat américain et la Maison Blanche vont probablement passer une résolution condamnant Bachar al-Assad pour cette attaque. On y devinera une autorisation d’user une fois de plus la force militaire. Cette résolution laissera probablement un ultimatum à Bachar al-Assad pour quitter le pouvoir avant d’éventuelles frappes, le même type d’ultimatum qui avait été laissé à Milosevic et Saddam Hussein à quelques jours de l’offensive finale. 

Ce qu’on peut faire. Bouger les pierres, faute de pouvoir déplacer les montagnes. Nous invitons les lecteurs à se mobiliser, à mener des actions collectives et se rassembler pacifiquement de type #handsoffsyria aux USA, pour demander la non-intervention de l’armée française dans le conflit syrien, en l’absence de preuves réelles accablant le régime de Damas.

Contrairement aux Anglais et aux Américains, le citoyen français n’a pas le privilège de pouvoir demander à ses députés de voter contre une intervention militaire. Sauf cas d’urgence, seul le Président, chef des armés, peut en décider. Commençons par lutter par l’information.

Opinion, Politique

Attentats : journaliste ou citoyen

Peu de temps après les commémorations des attentats de Charlie Hebdo, après ceux, douloureux, du 13 novembre, le traitement humain d’un attentat par les journalistes –dans un contexte où le hard news le rend pernicieux-, pose question.

Attentat, n.m : Atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation, acte de violence de nature à mettre en péril les institutions de la République ou l’intégrité du territoire national.

Journaliste, n.m, n.f : Est celui dont le métier est d’informer à travers un média, presse écrite, radio, télévision. Son travail consiste à collecter, vérifier, sélectionner, synthétiser et commenter des faits pour les présenter au public.

Le devoir d’informer et la liberté d’expression sont les fondements même de toute société démocratique. La France a connu en 2016 plusieurs attentats sur son sol, comme quelque chose d’inédit, que les journalistes ont du in fine traiter, comme toute autre information majeure. Néanmoins, la course effrénée à l’information et au sensationnalisme a pris le pas sur la logique journalistique, et nous avons vu les médias sombrer en direct.

Le 15 janvier 2015, le gendarme de l’audiovisuel, le CSA, a convoqué télévisions et radios afin de les avertir sur leur –mauvais- traitement des attentats. Un appel à la prudence avait été donné, notamment à cause du non-respect des impératifs de sécurité. La liste serait bien longue à énumérer, mais on peut toutefois se rappeler de l’accusation largement fondée à l’encontre de BFMTV, annonçant en direct que des personnes se trouvaient cachées dans une chambre froide au sous-sol de l’Hyper Cacher.

La victoire du « journalisme jaune »

Il y a déjà un bon nombre d’années que les médias ont développé des stratégies de développement de programmes de type hard news afin d’attirer un maximum d’audience. Il est donc peu étonnant que des chaînes d’info en continu se laissent aller au sensationnalisme, appelé dans le milieu « journalisme jaune » et diffusent des images, des vidéos ou encore des témoignages de victimes sans aucun filtre. Sous la pression du direct, on cherche un proche, une victime encore sonnée qu’on doit absolument interviewer afin de combler le manque cruel d’images. Mais la course aux images chocs a même touché France Télévisions, TF1 ainsi que des journaux mythiques comme Libération ou Le Point, avec sa une dégoûtante montrant la photo du policier à terre avant de se faire abattre par les terroristes de Charlie Hebdo.

La déontologie a laissé sa place à la logique de « mass-médiatisation », largement insufflée par Internet et les réseaux sociaux, qui, pour le coup, ont largement pris part au grand n’importe quoi ambiant. Sans aucune analyse ni aucun recul, comme si tous les journalistes de France avaient décidé de laisser leurs cerveaux blessés et choqués au bureau, la montée crescendo du malsain s’est organisée.

Des situations exceptionnelles

Le temps médiatique a souvent du mal à s’accorder avec le policier, spécialement lors d’un moment de crise ou d’une situation exceptionnelle, qui sort de l’ordinaire. Le droit d’informer de la presse se heurte ainsi à la volonté de discrétion des forces de l’ordre, mais n’excuse en rien les dysfonctionnements majeurs dont les journalistes et les rédactions sont coupables.

Balloté entre ressentis personnels et réflexes professionnels, le métier de journaliste peut devenir difficile à exercer en direct, surtout lorsque l’on évolue habituellement loin des zones de conflits. Des reporters de guerre ou photojournalistes, habitués aux terrains de guerre ont facilement avoué que ces attentats sur le sol français avait une portée différente en étant français et journaliste, à l’instar de Patrick Chauvel, qui avoue volontiers à Télérama : « J’ai du mal à me contenter d’être photographe. Etant aussi Français et citoyen, habitant moi-même à Belleville, je voudrais pouvoir agir, et je suis très en colère […] C’est également très étrange de retrouver, dans la ville, tous les photographes de guerre que l’on ne croise jamais d’habitude à Paris, équipés comme s’ils étaient en reportage en Libye.»

Sans tomber dans le pessimisme, il est probable que les français vivent à nouveau un attentat. Il est alors essentiel que les journalistes soient préparés professionnellement et psychologiquement à ce type d’évènement, afin d’être les fossoyeurs de la déontologie journalistique.

Opinion, Politique

Il faut mettre fin à l’Etat d’urgence

La France est le seul pays de l’Union Européenne à vivre dans un état d’urgence permanent. Il avait été instauré au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, et il se poursuivra jusqu’au 15 juillet 2017. Nous en sommes aujourd’hui à sa cinquième reconduite, décidée après 3 jours de débat seulement au Parlement, et zéro audition.

Le seul pays de l’Union Européenne. En voilà une honteuse distinction. Pourquoi ? Car l’état d’urgence, au fur et à mesure qu’il se poursuit, dévore toute une série de libertés individuelles qui façonnaient jusqu’ici notre identité et nous distinguait, cette-fois avec fierté, des autres démocraties. Véritable cavalier fou d’un système autoritaire, il augmente les pouvoirs de l’administration (les préfets), du parquet et de la police, et permet au juge administratif de contourner le juge judiciaire. Concrètement, sa reconduite a provoqué une pluie de lois liberticides en remettant en question les fondements de notre République : la distinction entre police judiciaire et police administrative, le contrôle judiciaire a priori et a posteriori et la séparation des pouvoirs. Ses défenseurs rétorqueront que cette loi a été votée par Parlement et que cette décision a valeur démocratique mais, avec tout le respect, qu’ils se taisent un peu. Ce n’est pas parce que le Parlement vote une loi qu’il faut l’adouber sans sourciller.

Toutes ces lois parallèles instaurent indépendamment un état d’urgence permanent. Et l’Etat de droit ne fonctionne pas si l’état d’urgence devient permanent. L’équation est simple, mais ce sont toujours les choses simples qui perdent de leur évidence quand elles sont tiraillées par leurs ennemis. Selon notre Constitution, toute entrave à nos fondements doit être autorisée par juge judiciaire, or ce n’est pas du tout le cas ici. Exemple ? L’état d’urgence autorise les perquisitions administratives sans recours, sur un simple soupçon de terrorisme. Il y en a eu 4500 depuis son application, qui n’ont débouché sur… rien. Seule une dizaine de poursuites à peine. Tout cela dans des conditions épouvantables où les forces de l’ordre déboulent au petit matin au domicile des suspects, devant femmes, enfants, parents. Du bon gros arbitrage en somme. Pourtant la Constitution est claire à ce sujet, il suffit de lire la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948, qui lui est rattachée, et son article 12 :

« Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes. »

En d’autres termes, aucun citoyen français ne devrait être victime de l’arbitraire de l’Etat.

Pas de sécurité sans libertés

Comment expliquer cette régression ? L’esprit de sécurité se substitue à l’esprit de sûreté et les citoyens semblent s’en accommoder. La peur du terrorisme absorbe toutes les peurs, on s’intéresse moins à l’environnement, aux risques phytosanitaires… Nous laissons l’Etat bafouer nos libertés pour atteindre un semblant de risque zéro, qui est pourtant inatteignable. On n’éradique pas le terrorisme, et on n’obtient pas la sécurité sans libertés.

Et l’état d’urgence a un coût. Financièrement, on en ignore encore le montant, probablement considérable. Mais on connaît déjà celui qui pèse sur la cohésion sociale, sur le racisme, sur les conditions de travail des forces de l’ordre, et la méconnaissance de la laïcité. Ce sont souvent les mêmes – les citoyens musulmans pour ne pas les nommer – qui sont réquisitionnés et assignés à résidence. Ou comment aggraver encore un peu plus les difficultés d’intégration que l’on connait déjà.

Il faut absolument que la France s’en dégage, et recouvre son identité. Dernièrement, le président Turc Recep Tayyip Erdogan a pris notre pays en exemple pour légitimer l’accroissement de ses pouvoirs. Est-ce bien ce type de gouvernements que nous voulons inspirer ? 

Clément Martinet

Opinion, Politique, Sport

Euro : de qui se joue-t-on ?

Marseille, Nice, Lille… : les débordements des hooligans sont légion depuis le début de la compétition européenne de football.

Pendant que certains voient leurs libertés les plus fondamentalesi bafouées sous couvert de mesures de sûretéii, ou se voient traînés dans la boue médiatique pour le fait d’exercer leurs droits afin de tenter de les préserver, tout le monde trouve normal que l’Euro continue alors qu’il est source des dérives violentes qui mettent nos villes à sac depuis quelques jours.

En effet, l’état d’urgence est en place en France depuis le 14 novembre 2015 et a été depuis cette date prolongé à chaque échéance ; ne doit-on pas s’étonner alors que de tels événements puissent avoir lieu sur notre territoire ?

Etat d’urgence, manifestations et sécurité

Pour rappel, l’état d’urgence est un état d’exception qui donne pouvoir aux autorités administratives de prendre des mesures restreignant les libertés en lieu et place de l’ordre judiciaire.

Or, nombre de ces mesures ont été appliquées depuis novembre, visant en tout premier lieu les manifestations, considérées comme des « réunions de nature à provoquer ou à entretenir le désordre » (article 8 de la loi du 3 avril 1955 modifiée). Citons pour les plus marquantes l’interdiction de la Marche pour le Climat qui aurait dû avoir lieu le 29 novembre 2015, ou encore la répression du mouvement Nuit Debout en 2016. Manifestations se revendiquant d’une intention pacifiste.

Ce qui n’est pas le cas des ultras, qui bien au contraire clament leur goût pour les affrontements avec le camp adverse, préparent et annoncent souvent leur venue à l’avance dans le seul but de participer à ces combats, et même de les provoquer.

Ces gens se nourrissent de la violence, et en demandent toujours plus : « On est tous venus pour ça. Le jour du match, tous les Russes ont pris l’avion (pour la France), il y avait environ 150 gars, les plus costauds », raconte Vladimir sur le site francetvsport.fr, ajoutant plus loin que « Rien ne les arrêtera », ces supporters, ni les lois ni les avertissements de l’UEFA.

Alors, pourquoi un tel manque de réaction de la part de nos pouvoirs publics, quand tant de nos concitoyens ont fini avec des blessures infligées arbitrairement par les CRS lors des manifestations contre la loi El Khomri ?

Par ailleurs, rappelons également que la mise en place de l’état d’urgence a été décidée à la suite des attentats du 13 novembre, afin de renforcer la sécurité face à la menace terroriste, et en sus des autres dispositifs déjà actifs (plan Vigipirate et opération Sentinelle notamment).

L’état d’urgence est donc censé avoir pour objectif de protéger la population des dangers qui pèsent sur elle.

Comment ne pas se demander dans ce cas, alors que le spectre des attentats est plus présent que jamais, en quoi laisser s’agglutiner des gens dans des stades immenses ou des fanzones (celle de Paris a une capacité d’accueil de 92 000 personnes par exemple) est plus sûr que de laisser des citoyens défiler dans la rue pour une cause politique ou sociale ?

Comment croire que quelques fouilles de sacs et palpations à l’entrée de ces lieux de communion empêcheront n’importe quel candidat au martyr d’accomplir son dessein ?

Comment ne pas imaginer que l’agitation et la pagaille provoquées par les hooligans dans nos rues puissent être propices à l’action des terroristes ?

On ouvre grand nos frontières aux extrémistes du football qui sont fiers d’annoncer qu’ils ne viennent que pour troubler l’ordre public alors qu’on se méfie de chaque réfugié qui tente sa chance ailleurs que dans son pays en guerre.

On prohibe les réunions et manifestations des citoyens concernés et des militants qui ne font que faire entendre leurs voix divergentes de celles du système en place alors qu’on laisse des supporters surexcités et agressifs saccager l’espace public.

Mais les retombées économiques attendues de l’Euro sont exceptionnelles elles aussi…

« À croire que le Veau d’Or a une promo à l’échelle planétaire ».

i La liberté d’expression, la liberté de circulation et la liberté de réunion sont toutes garanties par la DDHC.

ii Voir notre article sur l’état d’urgence.

Culture, Opinion

L’addiction aux séries télé

En juin 2016, les expressions “Binge-Watching” ou “Netflix and Chill” vous sont encore inconnues ?! Mes chers contemporains croyez-le (ou non) ceci est une des conséquences liées à l’essor des nouvelles technologies, qui ont drastiquement changé nos habitudes de consommation. En effet, le « Binge-Watching » est une pratique qui consiste à regarder des programmes télévisés à outrance. C’est dans cette mesure que l’on peut se demander s’il s’agit réellement d’une addiction ? Tentons de comprendre ensemble ce phénomène lié aux séries TV :

L’arrivée des plateformes de streaming, de téléchargement, ou encore de vidéo à la demande, permettent d’accéder aux programmes sans aucune restriction. Certaines séries proposent même l’ensemble d’une saison dès le jour de sa sortie comme Orange is the new black ou House of Cards par exemple. Les consommateurs ont désormais la possibilité de regarder des contenus télévisuels au regard de leur volonté. Le format d’un épisode de série TV étant souvent inférieur à soixante minutes, il n’y a aucune réticence quant à visionner un épisode à partir d’un smartphone et ce, à n’importe quel moment de la journée. Ce qui explique cette sensation de disponibilité immédiate.

Selon Coban Beutelstetter, scénariste et réalisateur dont le prochain court-métrage intitulé « L’eau qui dort » sortira début juillet, « une série se distingue par sa capacité à tenir les téléspectateurs en haleine. »

Contrairement à un film, une série TV est à considérer comme un produit qui a pour dessein de captiver l’audience tout au long de sa diffusion.

Bien qu’elles aient aujourd’hui, tant des concepts forts que des directions artistiques poussées qui pourraient faire penser aux productions cinématographiques, les séries TV se distinguent par leur perpétuelle nécessité à maintenir l’attention des téléspectateurs.

Les personnages, tous plus originaux les uns que les autres par leur complexité et leur psychologie à laquelle on peut s’attacher voir s’identifier, sont amenés à vivre des aventures qu’elles soient hors du commun ou non, cela en fait des héros dont on souhaite connaître le destin.

L’envie de consommer des séries tv à outrance repose essentiellement sur l’intrigue. C’est ainsi qu’en règle générale, se succèdent péripéties ou actions spectaculaires toutes les deux à trois minutes afin de générer un flux d’informations jusqu’au fameux « twist final ». Oui vous savez, celui qui arrive aux dernières secondes de l’épisode et qui provoque l’envie trépidante de visionner le suivant. Mais alors, peut-on parler d’addiction ?!

D’après Adelina Sarbu addictologue dans un centre hospitalier, l’addiction peut être provoquée par plusieurs facteurs ; la dépression, l’anxiété, un traumatisme, ou la solitude. De surcroît, certaines personnes possèdent un gène qui les rend plus vulnérables à de possibles dépendances.

L’addictolgue explique ainsi qu’un individu qui passe plus de trois heures consécutives devant un écran dans le but de se « couper du monde », de vivre par procuration à travers les séries TV ou les jeux vidéo, et de ne plus être en mesure de se soucier de son environnement est considéré comme dépendant. Ce changement de comportement détériore tant la santé que les relations sociales, ce qui accentue l’isolement et déclenche le cercle vicieux lié à l’addiction.

Alors oui aux séries TV, mais à usage limité c’est mieux !

Édito, Opinion

Le sourire n’empêche pas la révolte

L’avenir appartient à ceux qui savent en parler, alors choisissons bien nos mots car on dirait qu’il est un peu morose. Nous vivons dans ce qui ressemble à un siècle de déloyauté où le CDD s’impose comme la norme et où les relations humaines sont de plus en plus brèves. Une dictature de l’instant. Nous marchons à reculons en effaçant nos traces, on ne s’occupe ni de notre passé, ni de notre avenir. Tout est devenu précaire. Pour la jeunesse, c’est comme si le rêve français s’était dissout.

Ils sont en colère, les jeunes. En colère d’être bridés et de perdre leur temps, la seule rareté dont on devrait faire meilleur usage. Révoltés de voir les justes souffrir avec les injustes. Atterrés de ne pas pouvoir contrôler leur avenir, et lassés d’être bernés par un modèle politique que seul le court-terme inspire.

Mais l’Histoire continue, il reste à écrire le roman du temps qui vient. Et pour cela il faut garder la foi. En notre avenir, en nos principes, en nos libertés. Tant pis pour le gâchis de la veille, rien de ce qui est arrivé hier ne doit entacher nos idéaux, demain est trop précieux. Notre jeunesse est forte et talentueuse, inspirée et inspirante, alors construisons avec nos valeurs. C’est possible, ce magazine en est la preuve. Pardonnez le manque de modestie mais il y a de quoi être fiers. Nous avons écrit nos premières lignes il y a un an avec l’envie de promouvoir la paix et la liberté, surtout. Aujourd’hui l’aventure continue et notre équipe grandit encore, ambitieuse et confiante.

On peut être forts ou misérables, mais on ne peut pas être les deux à la fois. Nous avons fait le choix de mettre notre rancœur de côté pour donner vie à un projet aux idées positives, qui renforcent notre jeunesse. Et nous le faisons avec le sourire, car le sourire n’empêche pas la révolte.

Opinion, Politique

L’Etat d’urgence banalisé

Alors que Manuel Valls brandit une nouvelle fois l’ombre pesante du 49.3 pour faire passer la loi Travail, l’Etat d’urgence perdure depuis maintenant 6 mois en toute impunité. Mais ce régime d’exception est-il compatible avec un Etat de droit ?

13 novembre 2015. L’horreur a frappé Paris. Dans la première déclaration publique de François Hollande après les attentats terroristes, ce dernier annonce la mise en place d’une mesure exceptionnelle pour la huitième fois en France depuis 1955 avec la guerre d’Algérie, l’Etat d’urgence. Dans les premiers temps, l’urgence apaise, anesthésie la douleur. Mais quand elle s’installe dans la temporalité, elle trouble et angoisse.

Le bilan de l’Etat d’urgence par le Ministère de l’Intérieur mi-avril est sans appel. L’Etat d’Urgence, c’est 3549 perquisitions, 743 armes saisies dont 75 armes de guerre, 418 interpellations, 362 gardes à vue, 392 assignations à résidence dont 69 toujours en cours et quatre fermetures provisoires de lieu de réunion. C’est seulement dans les semaines qui ont suivi les attentats que le gros du travail a été fait. Depuis, simplement cinq procédures ont été ouvertes par le parquet anti-terroriste de Paris et seules 7 % des perquisitions ont donné lieu à des poursuites judiciaires selon les chiffres de la commission de suivi parlementaire de l’Etat d’urgence. Clairement, cette mesure d’exception s’essouffle et n’est plus efficace. De plus, cette dernière a permis et autorisé un grand nombre de dérives, à l’image d’un arrêté préfectoral dans le Nord qui interdit la vente d’alcool jusqu’à la fin de l’Etat d’urgence. De nombreuses voix se sont levées pour dénoncer ce régime parfois taxé de liberticide ou utilisé comme outil de répression par le pouvoir en place.

Constitutionnaliser pour mieux régner

Le 16 février dernier, le prolongement de l’Etat d’urgence a été adopté à 86 %. Le 17 mars, le Sénat a voté en grand nombre pour le projet de la révision constitutionnelle. Enfin, le 19 mai, les députés ont prolongé une nouvelle fois la durée de l’Etat d’urgence pour une période de deux mois, à compter du 26 mai.

Les sénateurs ont bien évidemment profité de ces votes pour effectuer quelques retouches au niveau du texte d’origine. Par exemple, les juges administratifs deviennent les nouveaux gardiens des libertés individuelles, soutenus par le Conseil d’Etat. Le problème, c’est que le Conseil d’Etat a estimé qu’il était normal d’assigner à résidence des personnes qui, hypothétiquement, pourraient mener des actions non pas terroristes mais dangereuses. Ainsi, 24 militants écologistes se sont retrouvés assignés à résidence durant la COP21 en novembre dernier.

Foncièrement, ces mesures jugées excessives et liberticides ne font qu’aggraver la situation, enfreignent le cadre juridique et les droits fondamentaux des personnes. D’abord mises en place en raison d’une menace terroriste, les mesures peuvent toucher une « menace » que le Conseil constitutionnel juge par lui-même.

Dans un climat délétère sur fond de crise sociale, beaucoup pensent que l’Etat d’urgence empêche les mouvements sociaux de s’exprimer. Cependant, à l’approche de l’Euro de foot 2016 et du Tour de France, cette mesure sécuritaire n’est pas prête d’être levée. Mais comment vivre dans une France suspicieuse ?