David Ginola a bien failli être le dernier en date sans l’intervention… de Matt Pokora. Ils sont environ 800 chaque année à perdre la vie en France, victimes de ce que l’on appelle la mort subite du sportif.

Marc-Vivien Foé, Antonio Puerta, Patrick Ekeng… Tous vivaient d’une passion, de l’amour d’un sport. C’est sur un terrain que le destin en a décidé autrement et a stoppé net leur carrière, souvent prometteuse. Décédés de ce que l’on nomme plus communément la mort subite du sportif, le phénomène continue à faire plancher des médecins de tous horizons, qui restent malheureusement impuissants. En France, le premier drame de ce type s’est produit en 1980, à Bordeaux. Il ne reste à l’époque plus que quelques semaines de championnat lorsque le jeune milieu de terrain Omar Sahnoun, 24 ans, décède d’un arrêt cardiaque, lors d’un entraînement avec son club. Plus récemment dans l’hexagone, la mort de Marc Vivien Foé, le portier camerounais, lors d’un match de la Coupe des Confédération jouée en 2003, a tiré la sonnette d’alarme. Alors qu’il joue avec sa nation la demi-finale de la compétition au Stade Gerland de Lyon, où il a joué en club durant 3 ans, il est lui aussi victime d’un problème cardiaque, et décèdera dans l’ambulance qui l’emmènera à l’hôpital. Tous ces joueurs ont en majorité succombé à une cardiomyopathie hypertrophique, qui se traduit par un épaississement des parois du cœur, provoquant un arrêt de ce dernier.

Vigilance et négligence

Mais que faire pour pouvoir prévenir et éviter au maximum que ce genre de drame ne se reproduise ? Si empêcher un problème cardiaque en amont reste difficile dans la pratique, il est néanmoins plus simple de pouvoir en détecter les signes avant-coureurs. Il sont au nombre de dix et présentés dans un guide pratique rédigé par le club des cardiologues du sport. Parmi eux, on retrouve une hydratation fréquente en forte chaleur, la consultation de son médecin en cas de malaise pendant ou après l’effort… Des réflexes banals qui peuvent sauver la vie d’une majorité de sportifs, sans oublier bien sûr la vigilance de leurs clubs. En effet, certains joueurs ont dû voir leur carrière arrêtée à la suite de transferts dans des clubs qui ont décelé, lors de la visite médicale traditionnelle, un souci de santé. C’est le cas notamment de Steve Savidan, attaquant international français, lors de son arrivée à Monaco en 2009 pour une anomalie cardiaque récemment apparue. D’autres ont eu beaucoup moins de chance, à l’image d’Antonio Puerta, joueur du FC Séville, décédé en août 2007 après s’être évanoui lors d’un match de championnat face à Getafe. Le latéral gauche de 22 ans avait déjà été victimes de plusieurs malaises auparavant, sans que son club ne fasse les examens nécessaires pour en comprendre les causes.

Le sport amateur, principal endeuillé

Si les décès dans le sport de haut niveau font les grandes lignes des journaux, ceux des sportifs du dimanche font hélas beaucoup moins l’actualité. Pourtant selon une récente

étude de Pierre Jouven, cardiologue et à l’origine du premier registre national sur la mort subite du sportif, on estime à 800 le nombre de sportifs qui meurent chaque année en France de cette pathologie. Les amateurs sont donc légion à périr sur les pelouses, les pistes d’athlétisme ou encore les routes de notre pays. Moins bien suivis que leurs homologues qui pratiquent des compétitions de haut niveau, ils ne bénéficient pas d’un examen cardiaque à leur arrivée dans un club. Plus problématique encore, comme le soulignait il y a quelques mois Monsieur Jouven dans les colonnes du Monde, le manque de matériel de réanimation dans les enceintes sportives. Le défibrillateur est un outil indispensable pour tenter de sauver la vie d’une personne victime d’un problème cardiaque, mais sa présence n’est toujours pas obligatoire dans les stades. La possibilité de faire pratiquer un électrocardiogramme à l’ensemble des sportifs amateurs est également discutée, pour tenter de réduire au maximum les risques, le risque même, celui de mourir d’une passion.