En juin 2016, les expressions “Binge-Watching” ou “Netflix and Chill” vous sont encore inconnues ?! Mes chers contemporains croyez-le (ou non) ceci est une des conséquences liées à l’essor des nouvelles technologies, qui ont drastiquement changé nos habitudes de consommation. En effet, le « Binge-Watching » est une pratique qui consiste à regarder des programmes télévisés à outrance. C’est dans cette mesure que l’on peut se demander s’il s’agit réellement d’une addiction ? Tentons de comprendre ensemble ce phénomène lié aux séries TV :

L’arrivée des plateformes de streaming, de téléchargement, ou encore de vidéo à la demande, permettent d’accéder aux programmes sans aucune restriction. Certaines séries proposent même l’ensemble d’une saison dès le jour de sa sortie comme Orange is the new black ou House of Cards par exemple. Les consommateurs ont désormais la possibilité de regarder des contenus télévisuels au regard de leur volonté. Le format d’un épisode de série TV étant souvent inférieur à soixante minutes, il n’y a aucune réticence quant à visionner un épisode à partir d’un smartphone et ce, à n’importe quel moment de la journée. Ce qui explique cette sensation de disponibilité immédiate.

Selon Coban Beutelstetter, scénariste et réalisateur dont le prochain court-métrage intitulé « L’eau qui dort » sortira début juillet, « une série se distingue par sa capacité à tenir les téléspectateurs en haleine. »

Contrairement à un film, une série TV est à considérer comme un produit qui a pour dessein de captiver l’audience tout au long de sa diffusion.

Bien qu’elles aient aujourd’hui, tant des concepts forts que des directions artistiques poussées qui pourraient faire penser aux productions cinématographiques, les séries TV se distinguent par leur perpétuelle nécessité à maintenir l’attention des téléspectateurs.

Les personnages, tous plus originaux les uns que les autres par leur complexité et leur psychologie à laquelle on peut s’attacher voir s’identifier, sont amenés à vivre des aventures qu’elles soient hors du commun ou non, cela en fait des héros dont on souhaite connaître le destin.

L’envie de consommer des séries tv à outrance repose essentiellement sur l’intrigue. C’est ainsi qu’en règle générale, se succèdent péripéties ou actions spectaculaires toutes les deux à trois minutes afin de générer un flux d’informations jusqu’au fameux « twist final ». Oui vous savez, celui qui arrive aux dernières secondes de l’épisode et qui provoque l’envie trépidante de visionner le suivant. Mais alors, peut-on parler d’addiction ?!

D’après Adelina Sarbu addictologue dans un centre hospitalier, l’addiction peut être provoquée par plusieurs facteurs ; la dépression, l’anxiété, un traumatisme, ou la solitude. De surcroît, certaines personnes possèdent un gène qui les rend plus vulnérables à de possibles dépendances.

L’addictolgue explique ainsi qu’un individu qui passe plus de trois heures consécutives devant un écran dans le but de se « couper du monde », de vivre par procuration à travers les séries TV ou les jeux vidéo, et de ne plus être en mesure de se soucier de son environnement est considéré comme dépendant. Ce changement de comportement détériore tant la santé que les relations sociales, ce qui accentue l’isolement et déclenche le cercle vicieux lié à l’addiction.

Alors oui aux séries TV, mais à usage limité c’est mieux !