« Chez Yemen je m’en vais… » n’est pas une poésie, ni un titre de film. C’est le livre d’un ancien responsable sécurité en mission diplomatique avec l’Union Européenne.L’auteur de ce livre s’appelle Jean-François Mercier. Après avoir vécu au Yémen entre décembre 2009 et décembre 2015, Jean-François est retourné vivre dans le Nord de la France. À  son retour, il a décidé de raconter sa vie au Yémen, son amour pour ses peuples et sa vie aux côtés d’Al-Qaïda et l’Etat Islamique…

Il a vécu les meilleurs années de sa vie mais aussi les pires. L’ancien responsable sécurité a découvert un pays fracturé à son arrivée. En effet, si le Président de la République, élu démocratiquement, est le souverain légitime au Yemen, plusieurs organisations dirigent le pays dans l’ombre et souhaitent renverser le président : Les Houthi ou encore l’AQPA (Al-Qaïda Péninsule Arabique). Jean-François découvre également que le Yémen est le deuxième pays le plus armé au monde, derrière les États-Unis. Sur 26 millions d’habitants, 55 millions d’armes circulent sur le territoire… triste constat ! Jean-François est encore surpris quand il en parle « Tu peux tout acheter : armes de poings, canons, lances-roquette, chars d’assauts… tout dépend de ton revenu ». En novembre 2011, un sursaut de paix arrive dans le pays. Les Etats-Unis et les Pays du Golfe ont suggéré au Président Ali Abdallah Saleh de quitter le pouvoir. Il s’exécute et obtient une immunité judiciaire, précipitant ainsi son départ du pouvoir. C’est la fin de la révolution yéménite. Son ancien ministre de la défense Abb Rabbo Mansour Hadi lui succède à la tête de l’État. Il fut élu  logiquement président en février 2012 puisqu’il était le seul à se présenter à l’élection…

« J’ai aimé ces peuples »

« Je suis tombé amoureux de ce pays dès mon arrivée, il y a plus de 300 tributs au Yémen. J’ai pris le temps de les connaître et j’aime ces peuples » Pour Jean-François, les habitants du Yémen sont « naïfs ». Attention, ce terme n’est pas péjoratif. Bien au contraire. L’ancien responsable sécurité a été bluffé par l’innocence des habitants. Ce qui semble paradoxale, étant donné le nombre affolant d’armes dans le pays. Néanmoins, il a aimé échangé avec ses gens : « Quand tu leur parles, ils ont des yeux ébahis, grands ouverts, une pureté dans leurs yeux. » A la fin de la conversation, ils avaient le regard qui signifiant : « Ah, c’est comme ça que ça se passe ? »

Le canon ne crache plus, les checkpoints se sont faits nettement plus rares tout en étant de nouveau tenus par des professionnels et les hautes instances de l’État travaillent avec le monde de la diplomatie, ça c’est le côté positif ! Quant au négatif, du moins sa partie visible, la liste est longue et non exhaustive avec des rues, qui la nuit sont infréquentables car mal fréquentées ; avec des tribus armées, qui sont toujours aussi présentes tout en se comportant parfois très ‘tribalement’; avec une criminalité, plus galopante que jamais mais comme c’est un sujet tabou il est forcément et officiellement ignoré ; avec toujours plus d’assassinats contre des membres du P.S.O et du N.S.B sans qu’aucune action concrète n’endigue, de quelque façon que ce soit, le phénomène ; avec enfin une bête, qui est impunément installée dans la ville, alors que d’après les autorités, elle serait traquée sans relâche…

« Ce livre est un acte de paix »

Jean-François Mercier n’est pas écrivain mais il souhaite « raconter ce qu’il a vu au Yémen de la plus manière la plus neutre possible ». Cet homme, désormais à la retraite, est toujours ému quand il repense à cette épisode de sa vie : « Ce livre, c’est un bâton relais, un acte de paix. Ce qu’il s’est passé au Yémen est passé sous silence. Je veux en parler, que ça se sache. Cette guerre n’a pas été assez relayée à l’étranger. Ces peuples souffrent et je ne l’accepte pas. Ils sont 3 millions au Yemen à ne pas avoir de toits. 20 millions ont demandé l’aide humanitaire ». Jean-François a envie de se servir de son expérience au Yémen pour nous transmettre un double message : tout d’abord, il a rendu hommage aux habitants du Yémen et a tenu à raconter la situation dans le pays. Il a perdu ses amis à cause des entités terroristes. Il a d’ailleurs failli perdre la vie à maintes reprises… C’est pour cette raison qu’il est rentré en France. Jean-François était l’un des derniers internationaux à être resté au Yémen.

Aujourd’hui, le nordiste comprend que plusieurs événements comme la braderie de Lille soient annulées. Cependant, il martèle sans cesse le même message : « Ne tombons pas dans leur jeu ». Au Yémen, Jean-François a continué à vivre malgré la guerre et les bombardements. « Il est normal d’avoir peur mais il ne faut pas arrêter de vivre. Avec des « si » nous oublions que nous sommes dans le concret et nous n’avançons plus… » À nous désormais de garder la tête haute, de faire front et de ne pas oublier de vivre…

Où trouver le livre ?

Actuellement, le livre n’est disponible que dans quelques boutiques du Nord Pas-de-Calais. Les éditeurs ne veulent pas prendre de risques à cause du contenu. Jean-François négocie actuellement avec des maisons d’édition en région parisienne et un peu partout en France. Il a même écrit à Patrick Poivre d’Arvor qui lui a répondu. À Suivre !