Depuis la Révolution, notre système est en perpétuel changement. Après deux Empires, plusieurs Restaurations et quatre Républiques, la cinquième est déjà remise en cause et émaillé de scandales divers et variés. Pourquoi les monarchies constitutionnelles, notamment celles des pays scandinaves et l’Angleterre sont-elles plus apaisées et pérennes ?

En 2014, 84 % des Norvégiens étaient favorables à la monarchie constitutionnelle. Souvent, la répartition du pouvoir entre un roi ou une reine qui règne mais ne gouverne pas et un chef du gouvernement qui gouverne mais ne règne pas semble plaire aux citoyens des pays concernés. Le monarque est garant de la démocratie et de la Constitution et les monarchies constitutionnelles modernes font de cette prérogative leur force. Les abus de pouvoir de la part du gouvernement en place sont foncièrement limités. Comment se fait-il que dans les monarchies constitutionnelles européennes la démocratie semble mieux fonctionner ?

D’un point de vue sociétal, l’exemple de la Suède, monarchie constitutionnelle de temps immémorial, est assez flagrant. Alors qu’en France, la loi du 17 mai 2013 sur le mariage homosexuel a entraîné en amont des mobilisations énormes, le Parlement suédois a adopté le 1er avril 2009 à une écrasante majorité le mariage civil et religieux de deux personnes du même sexe. C’est le premier pays à légiférer sur le mariage religieux. Ainsi, l’Eglise luthérienne, la religion officielle du pays, a pour obligation de trouver un pasteur afin de procéder au mariage homosexuel. De plus, nos voisins européens, à l’image des Pays-Bas, ont souvent été en avance sur les questions sociétales et sociales comme le congé paternité. Ainsi, alors que le débat sur la dépénalisation du cannabis fait du sur-place en France, les Hollandais ont depuis 1976 légalisé le cannabis, tout en interdisant sa publicité et sa culture. Depuis, la consommation de cannabis est en baisse chez les 15-24 ans et le débat citoyen n’est pas bloqué.

Par là, il faut pouvoir entendre que la République n’est pas gage d’avancées plus que les monarchies constitutionnelles. La République « monarchique » voulue par De Gaulle en 1958, où le chef de l’Etat a entre ses mains tous les pouvoirs, où il règne et gouverne entre autoritarisme et refus de démocratie en est parfois l’exemple.

Vers une 6ème République ?

Une monarchie reste in fine un système politique -s’apparentant à une oligarchie ou une dynastie- où les membres d’une même famille se passent le pouvoir sans être élus par le peuple. Même si ce système semble populaire et stable dans les pays européens concernés, celui-ci n’est pas envisageable en France.

Ainsi, de Jean-Luc Mélenchon en passant par Cécile Duflot ou François Bayrou, tous appellent à la création d’une 6ème République afin de redonner davantage de place à l’Exécutif, plus de pouvoir au peuple et au Parlement. Notre histoire quelque peu chaotique n’a jamais réussi à trouver un système équilibré et plus de deux siècles après la Révolution, l’attente d’un meilleur équilibre institutionnel est latente, alors que ce-dernier semble être trouvé dans les monarchies constitutionnelles européennes. L’Allemagne, depuis la seconde guerre mondiale, semble avoir trouvé un juste milieu, où le Président n’a qu’un pouvoir symbolique et où le chancelier, à l’image d’Helmut Kohl et Gerhard Schröder, ne revient pas sur la scène politique après une défaite.

Le 23 juin dernier, c’est l’Angleterre qui a opté pour un moyen démocratique direct : le référendum. Plus de 72 % des électeurs britanniques ont voté pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Trouverons-nous une meilleure répartition des pouvoirs en France ?