Pourquoi il faut s'opposer à de nouvelles frappes en Syrie

Les dernières frappes de l’armée américaine contre la base syrienne de Shayrat constituent une grave atteinte au droit international...

Agnès Bonfillon : « Je ne m’attendais pas à ce que l’on entre dans la culture du buzz »

Agnès Bonfillon est journaliste sur RTL. Le 11 septembre 2001, elle était sur place, à New-York, aux Etats-Unis. Elle...

Attentats : journaliste ou citoyen

Peu de temps après les commémorations des attentats de Charlie Hebdo, après ceux, douloureux, du 13 novembre, le traitement humain...

Il faut mettre fin à l’Etat d’urgence

La France est le seul pays de l’Union Européenne à vivre dans un état d’urgence permanent. Il avait été...

Culture 2017

La thématique est loin d’être une priorité du débat politique actuel, et tout porte à croire que ce n’est...
Opinion, Politique
Pourquoi il faut s'opposer à de nouvelles frappes en Syrie
Société
Agnès Bonfillon : « Je ne m’attendais pas à ce que l’on entre dans la culture du buzz »
Opinion, Politique
Attentats : journaliste ou citoyen
Opinion, Politique
Il faut mettre fin à l’Etat d’urgence
Culture
Culture 2017

Notre idée du journalisme

Chez Les Éclaireurs nous pensons qu’un autre journalisme est possible

Lire plus

lepenbanniere
À propos

Une presse sans pression

Il n’y a jamais eu autant d’informations et nous avons pourtant toujours autant de mal à être convenablement informés.Nous aimons Internet et nous sommes persuadés que l’innovation journalistique peut exister sur le web. Lire plus
              logo contour
Culture, Inspiration

Chez Yémen je m’en vais…. plus qu’un livre, un acte de paix 

« Chez Yemen je m’en vais… » n’est pas une poésie, ni un titre de film. C’est le livre d’un ancien responsable sécurité en mission diplomatique avec l’Union Européenne.L’auteur de ce livre s’appelle Jean-François Mercier. Après avoir vécu au Yémen entre décembre 2009 et décembre 2015, Jean-François est retourné vivre dans le Nord de la France. À  son retour, il a décidé de raconter sa vie au Yémen, son amour pour ses peuples et sa vie aux côtés d’Al-Qaïda et l’Etat Islamique…

Il a vécu les meilleurs années de sa vie mais aussi les pires. L’ancien responsable sécurité a découvert un pays fracturé à son arrivée. En effet, si le Président de la République, élu démocratiquement, est le souverain légitime au Yemen, plusieurs organisations dirigent le pays dans l’ombre et souhaitent renverser le président : Les Houthi ou encore l’AQPA (Al-Qaïda Péninsule Arabique). Jean-François découvre également que le Yémen est le deuxième pays le plus armé au monde, derrière les États-Unis. Sur 26 millions d’habitants, 55 millions d’armes circulent sur le territoire… triste constat ! Jean-François est encore surpris quand il en parle « Tu peux tout acheter : armes de poings, canons, lances-roquette, chars d’assauts… tout dépend de ton revenu ». En novembre 2011, un sursaut de paix arrive dans le pays. Les Etats-Unis et les Pays du Golfe ont suggéré au Président Ali Abdallah Saleh de quitter le pouvoir. Il s’exécute et obtient une immunité judiciaire, précipitant ainsi son départ du pouvoir. C’est la fin de la révolution yéménite. Son ancien ministre de la défense Abb Rabbo Mansour Hadi lui succède à la tête de l’État. Il fut élu  logiquement président en février 2012 puisqu’il était le seul à se présenter à l’élection…

« J’ai aimé ces peuples »

« Je suis tombé amoureux de ce pays dès mon arrivée, il y a plus de 300 tributs au Yémen. J’ai pris le temps de les connaître et j’aime ces peuples » Pour Jean-François, les habitants du Yémen sont « naïfs ». Attention, ce terme n’est pas péjoratif. Bien au contraire. L’ancien responsable sécurité a été bluffé par l’innocence des habitants. Ce qui semble paradoxale, étant donné le nombre affolant d’armes dans le pays. Néanmoins, il a aimé échangé avec ses gens : « Quand tu leur parles, ils ont des yeux ébahis, grands ouverts, une pureté dans leurs yeux. » A la fin de la conversation, ils avaient le regard qui signifiant : « Ah, c’est comme ça que ça se passe ? »

Le canon ne crache plus, les checkpoints se sont faits nettement plus rares tout en étant de nouveau tenus par des professionnels et les hautes instances de l’État travaillent avec le monde de la diplomatie, ça c’est le côté positif ! Quant au négatif, du moins sa partie visible, la liste est longue et non exhaustive avec des rues, qui la nuit sont infréquentables car mal fréquentées ; avec des tribus armées, qui sont toujours aussi présentes tout en se comportant parfois très ‘tribalement’; avec une criminalité, plus galopante que jamais mais comme c’est un sujet tabou il est forcément et officiellement ignoré ; avec toujours plus d’assassinats contre des membres du P.S.O et du N.S.B sans qu’aucune action concrète n’endigue, de quelque façon que ce soit, le phénomène ; avec enfin une bête, qui est impunément installée dans la ville, alors que d’après les autorités, elle serait traquée sans relâche…

« Ce livre est un acte de paix »

Jean-François Mercier n’est pas écrivain mais il souhaite « raconter ce qu’il a vu au Yémen de la plus manière la plus neutre possible ». Cet homme, désormais à la retraite, est toujours ému quand il repense à cette épisode de sa vie : « Ce livre, c’est un bâton relais, un acte de paix. Ce qu’il s’est passé au Yémen est passé sous silence. Je veux en parler, que ça se sache. Cette guerre n’a pas été assez relayée à l’étranger. Ces peuples souffrent et je ne l’accepte pas. Ils sont 3 millions au Yemen à ne pas avoir de toits. 20 millions ont demandé l’aide humanitaire ». Jean-François a envie de se servir de son expérience au Yémen pour nous transmettre un double message : tout d’abord, il a rendu hommage aux habitants du Yémen et a tenu à raconter la situation dans le pays. Il a perdu ses amis à cause des entités terroristes. Il a d’ailleurs failli perdre la vie à maintes reprises… C’est pour cette raison qu’il est rentré en France. Jean-François était l’un des derniers internationaux à être resté au Yémen.

Aujourd’hui, le nordiste comprend que plusieurs événements comme la braderie de Lille soient annulées. Cependant, il martèle sans cesse le même message : « Ne tombons pas dans leur jeu ». Au Yémen, Jean-François a continué à vivre malgré la guerre et les bombardements. « Il est normal d’avoir peur mais il ne faut pas arrêter de vivre. Avec des « si » nous oublions que nous sommes dans le concret et nous n’avançons plus… » À nous désormais de garder la tête haute, de faire front et de ne pas oublier de vivre…

Où trouver le livre ?

Actuellement, le livre n’est disponible que dans quelques boutiques du Nord Pas-de-Calais. Les éditeurs ne veulent pas prendre de risques à cause du contenu. Jean-François négocie actuellement avec des maisons d’édition en région parisienne et un peu partout en France. Il a même écrit à Patrick Poivre d’Arvor qui lui a répondu. À Suivre !

Sport

Signez en bas à droite

Depuis des décennies, les contrats de sportifs, en particulier ceux des footballeurs, nous rappellent à quel point le sport professionnel est un monde à part.

Place au CDI

Heinz Müller. Ce nom ne vous dit peut-être rien. Gardien de but à Mayence, il n’aura pas réussi à se faire un nom dans le football à l’instar de ses homonymes Gerd, Dieter ou Thomas. Pourtant l’allemand est en plein cœur d’une affaire qui pourrait bien changer la réglementation des contrats de joueurs à tout jamais. En 2009, Heinz quitte l’Angleterre et Barnsley pour signer à Mayence, fraîchement promu dans l’élite allemande. La ville est située à cinquante kilomètres de Francfort, lieu de naissance du footballeur. Un retour aux sources en somme qui va vite tourner au cauchemar. Après une première saison aboutie (trente matchs en tant que titulaire), les cinq années qui suivront s’avèreront plus délicates. En juin 2014, le club allemand décide de ne pas lui proposer de prolongation de contrat, ce dernier venant d’arriver à terme. Le portier alors âgé de trente-six ans ne l’entend pas de cette oreille et attaque son employeur devant le tribunal du travail allemand. En effet selon la législation, un employé peut demander la requalification de son contrat en CDI après avoir passé plus de deux ans dans la même entreprise. Résultat : le club et son président Harald Strutz sont condamnés à conserver Heinz Müller dans leur effectif. Mayence fait naturellement appel et en février dernier, la justice fait machine arrière et reconnaît la spécificité du contrat de travail du sportif. Le gardien allemand ne perd pas espoir et compte toujours faire valoir son droit de pouvoir disposer d’un contrat à durée déterminée. Au-delà de cette affaire qui paraît anecdotique à l’heure qu’il est, ce cas pourrait à terme faire jurisprudence au moins à l’échelle du sport allemand.

Un modèle financier à revoir ?

«Les sportifs doivent être considérés comme tous les autres travailleurs et ont donc droit, après deux années de travail, à un contrat à durée indéterminée», déclarait en première instance Ruth Lippa, le juge du travail. Une phrase anodine qui pose énormément de questions si la décision en appel tourne en la faveur du joueur. Le mercato devenant chaque année de plus en plus onéreux, les clubs aux budgets restreints ont besoin de liquidités. Si les joueurs dans le cas d’Heinz Müller peuvent jouir à l’avenir d’un CDI, ils deviendront automatiquement intransférables. Il faudrait alors que le départ soit acté dans un premier temps par le joueur lui-même avant que le club décide de fixer son prix de départ et de négocier avec d’autres équipes. Les rôles seraient donc inversés et les rentrées financières pour les clubs seraient encore plus difficiles à prévoir. Mais pas de panique selon Sylvain Kastendeuch, vice-président de l’UNFP, interrogé à l’époque par le magazine So Foot, et qui précise le caractère exceptionnel de l’affaire : « Il faudrait qu’un sportif saisisse les tribunaux ailleurs… De là à voir ça, il y a du chemin, mais il faut anticiper et puis essayer d’analyser tout ça et on va le faire. Je ne suis pas inquiet, mais il y a une petite brèche quelque part   ». Une brèche qui s’est déjà ouverte il y a deux ans, et que Mayence aimerait bien refermer au plus vite.

Les clauses, vraie foire aux caprices

Si le football mondial suivra à coup sûr le dénouement de cette affaire, ce n’est pas la première fois que le ballon rond fait parler de lui, ou plutôt de ses contrats. Il faut dire que les clubs redoublent d’effort pour convaincre un joueur de porter leur maillot, quitte à accepter tout,  et parfois n’importe quoi. Entre la clause « jet privé » de Samuel Eto’o lors de sa signature à l’Anzhi Makhatchkala, ou à l’inverse la clause « refus d’embarquer » de Denis Bergkamp, phobique de l’avion, les joueurs profitent de plus en plus de cette particularité contractuelle pour assouvir n’importe quel caprice. Pourtant, les clauses étaient à la base créées pour protéger les clubs, au point eux aussi de frôler le ridicule. Le club anglais de Sunderland, en 1999, avait notamment fait parler de lui pour une histoire de clause interdisant le milieu de terrain suédois Stefan Schwarz d’aller dans l’espace. En effet, le joueur alors âgé de 30 avait clamé son souhait d’aller tutoyer les étoiles un fois que les vols commerciaux seraient mis en place. Quoi qu’il en soit, pour ce qui est de « l’affaire Müller », une chose est sûre, à la fin ce sont encore les allemands qui gagneront.

Édito

Que le tentateur ne méprise pas le faible

Nous avons, pour la plupart, la fâcheuse tendance à agir dans le vide. C’est un constat terrible, décourageant et accablant. Comme si la vie et la destinée humaine n’étaient qu’un simple fruit du hasard. Et pourtant nous avons besoin d’une foi, d’un idéal, d’une espérance à laquelle s’accrocher. Nous voulons trouver un sens à l’existence, car vivre pour vivre ne suffit pas.   

Mais quel sens trouver ? A cette question, nous avons tous fait l’erreur de répondre par des critères. Nous avons érigé la réussite en but suprême de nos efforts ; Il faut devenir, il faut posséder, il faut afficher et brandir les trophées du succès.

Cela ne marche pas. Aucun progrès, aucune richesse, science ou technique ne nous a jamais contenté, et ne nous contentera jamais. Ils ne sont qu’accessoires et ne doivent pas être une fin pour l’homme. Ils ne sont en réalité qu’un moyen pour accomplir cette mission que nous sommes tous en train d’oublier : vivre en paix, et vivre libres.

Il n’est pas bon pour autant de blâmer quiconque d’être égoïste et de n’agir pour aucune cause humaine. Comment en vouloir à quelqu’un de désirer ce que tout le monde semble désirer, et de mimer des modèles, des leaders, pour obtenir ce morceau de bonheur convoité ? Nous avons appris, sans savoir comment ni pourquoi, à vivre pour réussir. Réussir quoi, réussir comment ? Nous l’ignorons mais nous le voulons.

Il est pénible de reconnaître le monde tel qu’il est, et plaisant de le rêver tel qu’on le souhaite. Nous sommes tous aliénés à la tentation vénale de réussir seuls et d’être aimés en retour pour le fruit de cette réussite. Nous sommes guidés par la peur de l’échec plus que par l’amour de la vie et de ceux qui la composent. Et en ce sens, nous alimentons cette boucle infernale qui consiste à détourner les âmes de l’apaisement, celui qui permet à chacun d’accomplir son destin et de devenir soi.

« Que le tentateur ne méprise pas le faible », écrivait Alfred de Musset dans Lorenzaccio. Qu’il ne le méprise pas car il est lui-même faible de jouer ce jeu. Nous devons tous nous rappeler que ce monde nous appartient et qu’il convient d’y vivre bien. Nous devons chacun, selon nos moyens, œuvrer pour la paix totale car elle est le véritable sens de notre existence, notre hygiène de conscience.

Écologie

Le jour où les entreprises mesureront leur dépendance à la planète

A quelques jours de la COP21 de Paris, nombres d’acteurs économiques débattent encore sur l’urgence d’une réduction de l’impact sur l’environnement. D’autres préfèrent voir le problème autrement en mesurant leur dépendance à la nature.

Une question qui divise.

Lorsqu’il cherchait à définir une loi naturelle régissant l’économie humaine, Adam Smith touchait finalement du doigt le fait que la production et les échanges sont d’abord dépendants de leur environnement naturel. Trois siècles plus tard, il est temps de redonner un peu d’humilité à l’économie mondiale et cesser de croire qu’elle fonctionne toujours comme un cycle mécanique dans lequel les ressources utilisées sont déliées de celles produites par la Terre.

Selon un rapport publié en 2014 par le laboratoire d’idée Global Footprint Network, l’humanité consomme l’équivalent des ressources d’une Terre et demie chaque année pour vivre. En d’autres termes, nous consommons trop et trop vite par rapport à ce que la planète est capable de produire. En France, alors que la nature régénère annuellement près de trois hectares pour un Français, ces derniers en consommeraient en moyenne un peu plus de quatre, creusant chaque année davantage le déficit écologique du territoire.

De « l’impact » à la « dépendance » environnementale

Seulement, est-il réellement possible de mesurer ainsi la productivité de la nature, et ce que nous en consommons ? Pour Susan George, présidente d’honneur du mouvement altermondialiste ATTAC, « la logique selon laquelle il est possible de calculer en milliards d’euros ou en milliards de dollars ce que les abeilles apportent à l’homme est une façon complètement réductrice d’envisager la biosphère ». Selon la militante, la nature est bien trop complexe et aléatoire pour que l’Homme soit capable de la mesurer ou de la prévoir.

Reste qu’au niveau des entreprises, une prise de conscience grandit. Encore faudrait-il qu’elle aille dans le bon sens. En matière d’environnement, le site officiel des Chambres de Commerce et d’Industrie de France sensibilise les consciences à coups de certifications, labels et autres normes en faveur de « l’amélioration, l’identification, la gestion et la réduction des impacts d’une entreprise sur l’environnement ».

Seulement les mots ont un sens et révèlent parfois la manière dont les problèmes sont perçus. Focaliser l’attention des entreprises uniquement sur leur impact environnemental ne suffit plus : « On ne peut demander plus à la nature que ce qu’elle est capable de nous donner », estime à ce titre Susan George. L’impact de l’économie mondiale sur l’environnement aura donc un retour de bâton : la dépendance croissante des entreprises face à la nature.

Les « services rendus » par la nature

Cette dépendance, c’est ce que souhaite mesurer pour sa part l’audit sur « l’Evaluation des Services Ecosystémiques rendus aux entreprises » (ou « audit ESR ») développé par trois think tanks : le World Ressource Institute (WRI), le World Business Council for Sustainable Developpement (WBCSD) et le Meridian Institute.

Tests timides, outil manipulable

En France, le géant de l’eau Veolia a participé au développement de l’ESR et en a testé les possibilités il y a cinq ans, sur son site de retraitement des eaux de Wassmanndorf à Berlin. Une partie des eaux retraitées du site est depuis 1994 évacuée sur ce qui est présenté par Veolia comme un vaste espace naturel ouvert au public et protégé depuis 1987.

Seulement, est-il réellement possible de mesurer ainsi la productivité de la nature, et ce que nous en consommons ? Pour Susan George, présidente d’honneur du mouvement altermondialiste ATTAC, « la logique selon laquelle il est possible de calculer en milliards d’euros ou en milliards de dollars ce que les abeilles apportent à l’homme est une façon complètement réductrice d’envisager la biosphère ». Selon la militante, la nature est bien trop complexe et aléatoire pour que l’Homme soit capable de la mesurer ou de la prévoir.

Reste qu’au niveau des entreprises, une prise de conscience grandit. Encore faudrait-il qu’elle aille dans le bon sens. En matière d’environnement, le site officiel des Chambres de Commerce et d’Industrie de France sensibilise les consciences à coups de certifications, labels et autres normes en faveur de « l’amélioration, l’identification, la gestion et la réduction des impacts d’une entreprise sur l’environnement ».

Seulement les mots ont un sens et révèlent parfois la manière dont les problèmes sont perçus. Focaliser l’attention des entreprises uniquement sur leur impact environnemental ne suffit plus : « On ne peut demander plus à la nature que ce qu’elle est capable de nous donner », estime à ce titre Susan George. L’impact de l’économie mondiale sur l’environnement aura donc un retour de bâton : la dépendance croissante des entreprises face à la nature.

Les « services rendus » par la nature

Cette dépendance, c’est ce que souhaite mesurer pour sa part l’audit sur « l’Evaluation des Services Ecosystémiques rendus aux entreprises » (ou « audit ESR ») développé par trois think tanks : le World Ressource Institute (WRI), le World Business Council for Sustainable Developpement (WBCSD) et le Meridian Institute.

Tests timides, outil manipulable

En France, le géant de l’eau Veolia a participé au développement de l’ESR et en a testé les possibilités il y a cinq ans, sur son site de retraitement des eaux de Wassmanndorf à Berlin. Une partie des eaux retraitées du site est depuis 1994 évacuée sur ce qui est présenté par Veolia comme un vaste espace naturel ouvert au public et protégé depuis 1987.

Culture

Interview. Anne Roumanoff : « L’humoriste tend un miroir à la société donc quand la société change l’humour change aussi »

Anne Roumanoff revient avec son spectacle « Aimons nous les uns les autres » qu’elle rejoue depuis le 26 juillet à l’Alhambra devant une foule acquise sa cause.

Pourquoi avoir choisir le thème de l’amour pour ce nouveau spectacle ? 

Et bien, parce que je me suis aperçue que le fil conducteur du spectacle finalement c’était la difficulté à aimer et puis, par les temps qui courent, c’est un message un peu positif. Je me doute bien que ce n’est pas avec le titre du spectacle que les gens vont se mettre à s’aimer tout d’un coup, mais tant qu’à faire on est dans la merde alors autant s’aimer plutôt que se détruire.

Ce spectacle, comment l’avez-vous préparé ?

Ça a été très long. Ça prend beaucoup de temps de préparer un spectacle comme ça. C’est d’abord un travail d’écriture, de mise au point. On cherche une idée avec tel personnage après on écrit, on raye, on rature. Ensuite on le joue en public, on regarde les gens s’ils rient ou pas, on raye, on recommence… Ce spectacle, je l’ai d’abord créé pour pouvoir le jouer à l’Olympia le 2 février 2015 ensuite je l’ai joué au théâtre de l’Alhambra pendant 6 mois pour après l’emmener pendant 6 mois en tournée. Et là je refais une nouvelle version avec plein de sketchs nouveaux. Mais c’est ça qui est agréable quand on joue longtemps un spectacle, c’est de pouvoir approfondir les personnages et les textes donc je pense qu’il est plus abouti… enfin c’est ce que tout le monde me dit, que c’est vraiment mon meilleur spectacle.

C’est un aboutissement ?

Oui, je le crois.

Qu’est ce qui a changé par rapport à vos précédents spectacles ?

Tout à changé ! La manière de faire de l’humour à changé, la société à changé, moi j’ai changé ! L’humoriste tend un miroir à la société donc quand la société change l’humour change aussi. Il est devenu plus efficace qu’avant, il s’est professionnalisé. D’autant qu’il y a beaucoup plus d’humoristes qu’avant, le niveau est meilleur et donc, il y a plus de compétition mais c’est une bonne chose, ça stimule !

Après tant de spectacles, d’où tirez vous votre inspiration, toutes ces anecdotes, ces sketchs ?

De tout ! De la vie quotidienne, de ce qui m’arrive, de mes amis, de ce que je lis sur internet, de ce que je ressens. Ce sont des expériences vécues qui, assemblées forment un tout, un ensemble. A chaque fois, je change, je le fais évoluer, je le fais vivre en fonction de l’actu, en fonction de ce qu’il se passe de ce que je ressens de la société, il change tout le temps.

C’est essentiel de parler aux gens de ce qu’ils connaissent, de leur propre quotidien ?

Oui. Je trouve que c’est ça qui est intéressant et ça m’intéresse beaucoup de parler aux gens d’eux. Je pioche dans mon expérience les anecdotes, les histoires qui j’estime peuvent toucher les gens.

Comme le sketch de la mairie dans lequel vous expliquez que vos papiers d’identité ont été détruits ?

(Rire) Oui, ça m’est vraiment arrivé. On m’a détruit mes papiers. Toutes les cartes d’identité de la famille étaient prêtes sauf la mienne et quand je suis revenue 3 semaines, 1 mois après, ils l’avaient détruite… ça ma tellement dégouté j’étais hystérique. (Rire) Et j’ai décidé d’en faire un sketch.

La politique aussi c’est un thème important ? Est-ce que c’est un exercice délicat que de faire rire avec nos politiques ? 

Oui c’est délicat mais de toute façon, en ce moment tout est délicat. Mais le fait que ce soit compliqué ne veut pas dire qu’il ne faut pas essayer de le faire. Comme par exemple ce sketch sur le front national il était compliqué à faire mais je suis contente d’y être arrivée même si c’était beaucoup de travail.

Le sketch doit être visible par des gens du FN sans que ça les heurte. C’est facile de dire c’est des cons c’est des fachaux et de leur cracher à la gueule mais ça ne résous rien. Alors là, de montrer une femme sympathique qui est militante front nationale qui a des petits défauts et qui après, tombe amoureuse d’un tunisien, je trouvais ça plus intéressant. De cette façon je fais rentrer les gens dans son mode de penser, dans son sketch, dans sa manière de voir les choses. Je trouvais ça plus intéressant comme approche, ce n’est pas frontal. Quand y a 30 à 40% des gens qui votent pour un truc on ne peut pas seulement dire « c’est de la merde » il faut essayer de comprendre pourquoi et comment on en est arrivé là et ce, par le biais de son personnage, tout en faisant quand même passer des messages.

Vous essayez de toucher à tous les partis ?

Oui c’est important je trouve. J’essaye d’équilibrer même si on attaque toujours forcément plus le parti au pouvoir parce que c’est justement, le parti au pouvoir.

Est-ce que c’est le rôle des humoristes de faire passer un message ?

D’abord le rôle des humoristes c’est de faire rire, les gens payent pour ça. Après une fois que les gens ont ri j’aime bien qu’il y ait un peu de sens aux choses, que les sketchs aillent quelque part sans tomber dans l’excès, il n’y a pas forcément un message dans chaque sketch. Pour certains il n’y en a pas et ce sont juste une description de la réalité ou d’un point de vue sur les choses. Il n’y en a pas partout sinon ça serait fatigant mais j’essaye au moins de disséminer un point de vue en tout cas.

Les attentats, comment on les aborde quand on est humoriste ?

Je pense que c’est important d’en parler mais surtout à un moment où les gens ne s’y attendent pas c’est à dire quand qu’ils sont en train de rirent et tac d’un coup il y a 3 secondes d’émotion, voilà.

Vous pensez qu’on peut en rire ?

Je pense qu’on ne peut pas rire des attentats mais on peut rire de ce qu’il y a autour, d’Estrosi qui croit qu’il est encore maire de Nice ou de la déchéance de la nationalité. Il y a des choses risibles mais ça ne veut pas dire que c’est drôle même si c’est risible, ce n’est pas la même chose.

Je pense que les choses sont tellement horribles que ça fait du bien aux gens d’en rire quelque soit la manière mais chaque humoriste traite ça avec sa propre sensibilité.

Quel bilan pour la dame en rouge ? 

(Rire). Et bien un bon bilan, ce n’est pas si mal je trouve, non ? Ça fait déjà presque 30 ans de carrière. Je me dis que ce n’est déjà pas si mal d’être arrivée jusque-là mais je pense surtout à ce qui va arriver, dans l’avenir. J’ai plusieurs projets. D’abord il y a mon émission sur Europe 1 à la rentrée. J’adore faire de la radio ! J’en ai fait pendant 5 ans pendant lesquels j’avais une heure et demie par semaine et là on ma proposé une demi heure par jours donc je suis heureuse. Je vais avoir toute une bande de chroniqueurs autour de moi. On va faire de l’humour sur l’actu tous les jours avec quelque chose d’assez rythmé.

Mais j’aimerais aussi écrire plus, peut-être écrire un scénario…

Et actrice ?

Peut être… Mais je n’attends pas après ça.

C’est difficile de mener une carrière comme la votre, dans une profession qui reste majoritairement masculine ?

Vous savez, j’ai remarqué que, moi, quand il m’arrive des choses c’est toujours moi qui suis à l’initiative. Je dois faire les choses moi-même. D’Ailleurs c’est beaucoup de chose une carrière, c’est de l’intelligence, c’est du talent, c’est être aimé du public. C’est de la compréhension, c’est réussir à sentir les évolutions mais c’est aussi être fiable, être à l’heure, être sympa avec les médias. Il y a beaucoup de chose à faire et pour avoir une carrière qui dure longtemps il y a aussi beaucoup de choses à sentir.

En ce qui concerne les femmes dans le métier, je ne suis pas tellement d’accord avec cette appellation d’humoriste féminine. C’est comme si on parlait d’une sous catégorie de l’humour. Il y a 50% d’hommes, 50% de femmes sur terre donc il n’y a pas d’humoristes féminines il n’y a que des femmes qui font de l’humour.

Je trouve qu’il y a de plus en plus de femmes qui osent faire des choses et c’est bien mais après ça reste limité et aux festivals d’humour il y a encore souvent ¾ de mecs pour ¼ de femmes. J’ai même déjà entendu des organisateurs dirent « ah bah on a déjà une femme ça suffit » Pourquoi on entend ça ? on ne dit pas : « y a déjà un mec ça suffit ». Il y a encore beaucoup de choses à faire pour faire évoluer les mentalités.

Culture

Interview. Anne Roumanoff : « L’humoriste tend un miroir à la société donc quand la société change l’humour change aussi »

Anne Roumanoff revient avec son spectacle « Aimons nous les uns les autres » qu’elle rejoue depuis le 26 juillet à l’Alhambra devant une foule acquise sa cause.

Pourquoi avoir choisir le thème de l’amour pour ce nouveau spectacle ? 

Et bien, parce que je me suis aperçue que le fil conducteur du spectacle finalement c’était la difficulté à aimer et puis, par les temps qui courent, c’est un message un peu positif. Je me doute bien que ce n’est pas avec le titre du spectacle que les gens vont se mettre à s’aimer tout d’un coup, mais tant qu’à faire on est dans la merde alors autant s’aimer plutôt que se détruire.

Ce spectacle, comment l’avez-vous préparé ?

Ça a été très long. Ça prend beaucoup de temps de préparer un spectacle comme ça. C’est d’abord un travail d’écriture, de mise au point. On cherche une idée avec tel personnage après on écrit, on raye, on rature. Ensuite on le joue en public, on regarde les gens s’ils rient ou pas, on raye, on recommence… Ce spectacle, je l’ai d’abord créé pour pouvoir le jouer à l’Olympia le 2 février 2015 ensuite je l’ai joué au théâtre de l’Alhambra pendant 6 mois pour après l’emmener pendant 6 mois en tournée. Et là je refais une nouvelle version avec plein de sketchs nouveaux. Mais c’est ça qui est agréable quand on joue longtemps un spectacle, c’est de pouvoir approfondir les personnages et les textes donc je pense qu’il est plus abouti… enfin c’est ce que tout le monde me dit, que c’est vraiment mon meilleur spectacle.

C’est un aboutissement ?

Oui, je le crois.

Qu’est ce qui a changé par rapport à vos précédents spectacles ?

Tout à changé ! La manière de faire de l’humour à changé, la société à changé, moi j’ai changé ! L’humoriste tend un miroir à la société donc quand la société change l’humour change aussi. Il est devenu plus efficace qu’avant, il s’est professionnalisé. D’autant qu’il y a beaucoup plus d’humoristes qu’avant, le niveau est meilleur et donc, il y a plus de compétition mais c’est une bonne chose, ça stimule !

Après tant de spectacles, d’où tirez vous votre inspiration, toutes ces anecdotes, ces sketchs ?

De tout ! De la vie quotidienne, de ce qui m’arrive, de mes amis, de ce que je lis sur internet, de ce que je ressens. Ce sont des expériences vécues qui, assemblées forment un tout, un ensemble. A chaque fois, je change, je le fais évoluer, je le fais vivre en fonction de l’actu, en fonction de ce qu’il se passe de ce que je ressens de la société, il change tout le temps.

C’est essentiel de parler aux gens de ce qu’ils connaissent, de leur propre quotidien ?

Oui. Je trouve que c’est ça qui est intéressant et ça m’intéresse beaucoup de parler aux gens d’eux. Je pioche dans mon expérience les anecdotes, les histoires qui j’estime peuvent toucher les gens.

Comme le sketch de la mairie dans lequel vous expliquez que vos papiers d’identité ont été détruits ?

(Rire) Oui, ça m’est vraiment arrivé. On m’a détruit mes papiers. Toutes les cartes d’identité de la famille étaient prêtes sauf la mienne et quand je suis revenue 3 semaines, 1 mois après, ils l’avaient détruite… ça ma tellement dégouté j’étais hystérique. (Rire) Et j’ai décidé d’en faire un sketch.

La politique aussi c’est un thème important ? Est-ce que c’est un exercice délicat que de faire rire avec nos politiques ? 

Oui c’est délicat mais de toute façon, en ce moment tout est délicat. Mais le fait que ce soit compliqué ne veut pas dire qu’il ne faut pas essayer de le faire. Comme par exemple ce sketch sur le front national il était compliqué à faire mais je suis contente d’y être arrivée même si c’était beaucoup de travail.

Le sketch doit être visible par des gens du FN sans que ça les heurte. C’est facile de dire c’est des cons c’est des fachaux et de leur cracher à la gueule mais ça ne résous rien. Alors là, de montrer une femme sympathique qui est militante front nationale qui a des petits défauts et qui après, tombe amoureuse d’un tunisien, je trouvais ça plus intéressant. De cette façon je fais rentrer les gens dans son mode de penser, dans son sketch, dans sa manière de voir les choses. Je trouvais ça plus intéressant comme approche, ce n’est pas frontal. Quand y a 30 à 40% des gens qui votent pour un truc on ne peut pas seulement dire « c’est de la merde » il faut essayer de comprendre pourquoi et comment on en est arrivé là et ce, par le biais de son personnage, tout en faisant quand même passer des messages.

Vous essayez de toucher à tous les partis ?

Oui c’est important je trouve. J’essaye d’équilibrer même si on attaque toujours forcément plus le parti au pouvoir parce que c’est justement, le parti au pouvoir.

Est-ce que c’est le rôle des humoristes de faire passer un message ?

D’abord le rôle des humoristes c’est de faire rire, les gens payent pour ça. Après une fois que les gens ont ri j’aime bien qu’il y ait un peu de sens aux choses, que les sketchs aillent quelque part sans tomber dans l’excès, il n’y a pas forcément un message dans chaque sketch. Pour certains il n’y en a pas et ce sont juste une description de la réalité ou d’un point de vue sur les choses. Il n’y en a pas partout sinon ça serait fatigant mais j’essaye au moins de disséminer un point de vue en tout cas.

Les attentats, comment on les aborde quand on est humoriste ?

Je pense que c’est important d’en parler mais surtout à un moment où les gens ne s’y attendent pas c’est à dire quand qu’ils sont en train de rirent et tac d’un coup il y a 3 secondes d’émotion, voilà.

Vous pensez qu’on peut en rire ?

Je pense qu’on ne peut pas rire des attentats mais on peut rire de ce qu’il y a autour, d’Estrosi qui croit qu’il est encore maire de Nice ou de la déchéance de la nationalité. Il y a des choses risibles mais ça ne veut pas dire que c’est drôle même si c’est risible, ce n’est pas la même chose.

Je pense que les choses sont tellement horribles que ça fait du bien aux gens d’en rire quelque soit la manière mais chaque humoriste traite ça avec sa propre sensibilité.

Quel bilan pour la dame en rouge ? 

(Rire). Et bien un bon bilan, ce n’est pas si mal je trouve, non ? Ça fait déjà presque 30 ans de carrière. Je me dis que ce n’est déjà pas si mal d’être arrivée jusque-là mais je pense surtout à ce qui va arriver, dans l’avenir. J’ai plusieurs projets. D’abord il y a mon émission sur Europe 1 à la rentrée. J’adore faire de la radio ! J’en ai fait pendant 5 ans pendant lesquels j’avais une heure et demie par semaine et là on ma proposé une demi heure par jours donc je suis heureuse. Je vais avoir toute une bande de chroniqueurs autour de moi. On va faire de l’humour sur l’actu tous les jours avec quelque chose d’assez rythmé.

Mais j’aimerais aussi écrire plus, peut-être écrire un scénario…

Et actrice ?

Peut être… Mais je n’attends pas après ça.

C’est difficile de mener une carrière comme la votre, dans une profession qui reste majoritairement masculine ?

Vous savez, j’ai remarqué que, moi, quand il m’arrive des choses c’est toujours moi qui suis à l’initiative. Je dois faire les choses moi-même. D’Ailleurs c’est beaucoup de chose une carrière, c’est de l’intelligence, c’est du talent, c’est être aimé du public. C’est de la compréhension, c’est réussir à sentir les évolutions mais c’est aussi être fiable, être à l’heure, être sympa avec les médias. Il y a beaucoup de chose à faire et pour avoir une carrière qui dure longtemps il y a aussi beaucoup de choses à sentir.

En ce qui concerne les femmes dans le métier, je ne suis pas tellement d’accord avec cette appellation d’humoriste féminine. C’est comme si on parlait d’une sous catégorie de l’humour. Il y a 50% d’hommes, 50% de femmes sur terre donc il n’y a pas d’humoristes féminines il n’y a que des femmes qui font de l’humour.

Je trouve qu’il y a de plus en plus de femmes qui osent faire des choses et c’est bien mais après ça reste limité et aux festivals d’humour il y a encore souvent ¾ de mecs pour ¼ de femmes. J’ai même déjà entendu des organisateurs dirent « ah bah on a déjà une femme ça suffit » Pourquoi on entend ça ? on ne dit pas : « y a déjà un mec ça suffit ». Il y a encore beaucoup de choses à faire pour faire évoluer les mentalités.

Société

A quoi ressemblera la dictature de demain ?

C’est beau Internet, tout est libre et on n’y paie pas grand-chose. On accède à tant de contenus, tant de partages et tant de services gratuits. C’est même tellement beau qu’on s’est tous fait berner…

Internet, avant d’être un magnifique échange de liberté, est un lieu de monopoles où les plus grands groupes rachètent tout, même le superflu, pour rester en pole position. Et s’il y a bien une chose qu’ils sont prêts à racheter à prix d’or, ce sont nos données personnelles. Vous savez, toutes ces informations qu’on accepte de céder en échange d’un accès à un moteur de recherche, un réseau social ou une application mobile. Elles ne flottent pas dans des limbes obscurs, elles appartiennent à quelqu’un. Nous avons produit ces données et nous les avons… données, en échange d’une aumône, à savoir l’accès à quelques services « gratuits ». Quelle ironie.

Mais le pire est à venir. Demain ces données seront utilisées par des compagnies d’assurance, qui nous les revendront sous forme de primes pour mieux contrôler notre santé, notre éducation, et pour vérifier que nous sommes bien aux normes de notre société. Cette société qu’ils définiront eux-mêmes. Cette machine va nous soumettre à un pouvoir qui va définir un modèle de réussite. Celui qui n’obéira pas à ces normes ne sera plus assuré. Et, non, ce n’est pas de la paranoïa, ça a déjà commencé, en douceur. Comme le rapporte le site d’infos BastaMag : « la société d’assurance John Hankock propose à ses clients des bracelets connectés, des capteurs d’activité développés par la société états-unienne Fitbit. S’ils atteignent un niveau d’exercices physiques stipulés dans le contrat, le client bénéficie alors d’une série d’avantages, comme des bons cadeaux chez Amazon, des réductions sur des nuits d’hôtels ou des remboursements d’abonnement à des salles de sport. »

On se donne aujourd’hui pour se faire vendre demain. C’est la jouissance de l’esclavage, la servitude volontaire que décrivait Etienne de la Boétie en 1576 : le peuple se soumet de lui-même, ce n’est pas le tyran qui lui prend sa liberté.

La dictature de demain commencera par l’alliance entre les agrégateurs de données et les compagnies d’assurance. Pour ne pas en arriver là, il faut des normes de droit pour se réapproprier nos données, et ces normes devront être décidées démocratiquement, pas par une cour d’arbitrage. Elles sont indispensables au libre marché pour ne pas qu’il laisse la place au commerce illégal et criminel. Nous n’en sommes pas loin. Protéger un tiers contre une prime, n’est-ce pas si étranger du racket ?

Les nouvelles technologies doivent être à notre service, et pas à celui d’un système qui nous dira ce qu’on peut consommer ou pas. L’innovation doit nous aider à nous dépasser, à être au service d’un monde meilleur. Il faut la penser sur le long terme.

Politique, Reportage

Quand enfance rime avec survie

Quand enfance rime avec survie

Dans un monde où l’on n’en finit plus de déplorer la perte de ses citoyens, on en oublie parfois que pour beaucoup, c’est un quotidien et surtout le début d’une vie qui se construit aux côtés des fusillades et autres explosions sanglantes. Les enfants de guerre, comme on les appelle, connaissent dès le plus jeune âge la terreur, la peur, mais aussi la difficulté de grandir dans un environnement instable politiquement. Ils doivent affronter la dure réalité d’une société ingérable pour les hautes institutions, et des aides apportées aux populations qui restent encore compliquées à délivrer.

Autoriser si peu d’espoir à un enfant, le laisser découvrir le monde dans des conditions aussi désastreuses, ne devrait pas être imaginable. Ils doivent parfois fuir leur pays dans l’espoir d’une vie meilleure, mais partir n’a pas le même résultat pour tous.

Un territoire instable

La Syrie, auparavant berceau de l’humanité, est depuis maintenant quelques années, considérée comme le quartier général du djihadisme, menaçant la terre entière en permanence. Daesh, organisation principalement basée à Raqqa (ville syrienne de presque 200 000 habitants et malheureusement fief de Daesh), sème la terreur à travers le monde par des attentats perpétrés à différents endroits du globe. Daesh, c’est donc aussi la formation et l’entraînement intensif de djihadistes venus des quatre coins de la planète pour rejoindre un groupe qui au fur et à mesure a pris la forme d’une véritable armée. Des chiffres établis par le Soufan Group (institut spécialisé dans les services de renseignements de sécurité, pour les gouvernements et organisations multinationales) fin 2015, porteraient à 86 le nombre de nationalités différentes représentées dans l’État Islamique. Chiffre alarmant mais qui nous fait saisir l’ampleur du phénomène. Ce mouvement ayant donc pris racine en Irak (pays limitrophe de la Syrie), les Syriens ne sont bien sûr pas épargnés. Déjà victime de la guerre civile qui a débuté en mars 2011, la population doit maintenant faire face à la menace terroriste. Au milieu de toutes ces horreurs se trouvent des familles, des civils sans défense et sans moyen de pouvoir poursuivre le cours de leur vie dans des conditions décentes. Les enfants sont les premières victimes de l’atrocité qui est devenue quotidienne.

Affronter le danger pour aider les plus démunis

S’unir est un des moyens pour lutter contre l’oppresseur : à plusieurs, la cause sera plus forte et surtout mieux entendue. Certains ont pris les choses en main, ne laissant pas la peur diriger et dicter la vie d’individus qui sont au chevet d’un monde qui ne laisse parfois pas l’espoir d’un lendemain. « Nous sommes un groupe de Franco-Syriens avec des conjoints et des amis français. Nous avons décidé de nous regrouper dans une association, sans affiliation politique ou confessionnelle et d’agir dans l’unique but d’aider les Syriens civils sinistrés ou déplacés dans toutes les zones de la Syrie. » explique Laurent, un des fondateurs de l’association Cœur et Action pour la Syrie. Indignés, ces occidentaux se mobilisent pour proposer leur aide au peuple syrien qui souffre, loin du confort des pays ‘riches’. « Face à la guerre en Syrie, nous nous sentions démunis, presque coupables d’être protégés ici en France alors que les Syriens souffraient là-bas », poursuit Laurent.

Être tranquillement chez soi en regardant en boucle dans les médias les images de violence, se sentir inutile devant une population sans moyens de défense, vivre dans des conditions décentes, tout cela peut créer une prise de conscience, ainsi qu’une remise en question face aux affres d’une vie qui est non pas sous des épées de Damoclès, mais bien pire, sous les coups de feu et les bombes qui menacent des vies à chaque moment. Danger est le maître mot de leurs journées, que ce soit chez eux ou à l’extérieur ; les habitants n’ont pas de répit. 

Daesh, Bachar Al Assad, les rebelles, le Front Al-Nosra (branche syrienne d’Al-Qaïda) ainsi que les Kurdes ont tous des intérêts différents à défendre et tiennent donc, par leur violence, la population en otage 24h sur 24. Chaque génération et tranche d’âge est touchée ; les enfants sont les premières victimes, pas le temps d’avoir une enfance digne de ce nom, pas de temps pour l’insouciance. Pendant que dans le monde, certains enfants jouent aux petits soldats, les petits Syriens connaissent la réalité et la terreur d’une vraie guerre. « On a rencontré une fille de 16 ans, elle étendait le linge sur le toit de sa maison lorsqu’un obus est tombé ; elle a perdu sa mère, sa sœur, sa nièce, mais aussi sa jambe » me raconte Laurent. « Aujourd’hui elle est contente de sa nouvelle jambe artificielle que nous lui avons offerte » ajoute-t-elle. Il faut se rendre compte du travail effectué par ce genre d’organisme, dont les membres mettent en péril leur vie pour aider les plus démunis. Un enfant ne peut se construire si on lui vole ce qui l’accompagne tout au long de son existence : sa famille.

Certains enfants s’en sortent sans problème : ceux de familles aisées qui quittent la Syrie afin de poursuivre leurs études dans de bonnes conditions. Ils sont les seuls à partir et retrouver une vie paisible. Les citadins s’en sortent mais vont en classe la boule au ventre, sur le chemin mais aussi une fois en cours, de peur qu’un obus tombe sur leur établissement, « comme il y en a eu ici ou ailleurs et qui ont emporté la vie d’autres enfants pendant ces cinq dernières années ». Les autres n’ont pas la moindre chance. Obligées de fuir leurs habitations, toutes les familles ne rejoignent pas l’Europe. Elles atteignent des pays voisins ou restent à proximité, réfugiées, parfois même à l’intérieur de la Syrie. Ces personnes vivent dans des camps, plus ou moins organisés, équipés ou non d’école, « leur éducation est sporadique, discontinue ou inexistante ».

« Certains sont contraints de travailler pour subsister aux besoins de leurs familles, le sort de certaines filles est malheureusement encore plus triste car elles sont obligées de se marier très jeunes pour ne plus être une charge pour la famille ». Si la guerre ne suffisait pas, les filles peuvent être forcées de quitter leur famille, et débuter une vie qu’elles n’ont en aucun cas choisie. Enlevées par des personnes malintentionnées, ces dernières n’ont pas pour objectif de leur offrir une vie de rêve. Ce témoignage poignant de Laurent a pu me faire comprendre la complexité du monde qui entoure un jeune Syrien. Il ne vit pas, il survit.

Les enfants n’ont pas seulement une vie miséreuse, ils sont délaissés et souvent avec « des séquelles de différents degrés de gravité ». Pertes de proches, victimes des éclats d’obus, les enfants sont touchés psychologiquement mais aussi physiquement. L’association rencontrée m’a raconté comment ils aident les sinistrés de toutes ces horreurs. La nourriture, l’eau potable, les médecins, l’hygiène, l’apport scolaire, tout est rondement mené pour que les Syriens retrouvent une vie un minimum décente ou puissent démarrer un nouveau cycle plus confortable, même si confort reste un mot encore bien fort. L’humanitaire est une cause juste et qui force le respect, au vu des risques encourus par les personnes investies dans des projets qui peuvent présenter multiples difficultés de réalisation une fois installés sur les lieux. La paix est leur seul et unique but, apporter un peu de réconfort dans ce monde si brutal.

Articles populaires

De la crise des réfugiés aux «valeurs européennes»

Depuis la crise des réfugiés, on entend souvent parler de « valeurs européennes ». Mais personne ne se pose la question pourtant évidente: qu’est-ce qu’une valeur européenne? S’agit-il d’un principe d’action...

Comment le football en est arrivé là?

La question mériterait d’être posée. Pourquoi des êtres humains qui excellent par leur condition physique mais aussi dans le rôle auquel ils sont placés valent le montant d’un avion....